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Les présidents des Collectivités de Saint-Martin, de Guadeloupe, de Martinique, de La Réunion, de Guyane et de Mayotte ont été reçus place Beauvau par le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et le ministre délégué  aux Outre-mer, Jean-François Carenco.
Les présidents des Collectivités de Saint-Martin, de Guadeloupe, de Martinique, de La Réunion, de Guyane et de Mayotte ont été reçus place Beauvau par le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et le ministre délégué aux Outre-mer, Jean-François Carenco.

L’Appel de Fort de France : Le déclic pour un changement en profondeur des relations entre l’Etat et les territoires ultramarins ?

09 September 2022
Sept présidents de Collectivités territoriales ultramarines, dont notre président Louis Mussington, signaient en mai dernier la déclaration de Fort de France formulée à l’occasion de l’ouverture de la conférence des régions ultrapériphériques européennes (RUP). Une déclaration dénonçant « une situation de mal-développement structurel » ainsi que les inégalités de plus en plus criantes dont souffrent les populations de ces territoires d’Outre-mer et demandant la mise en place de politiques publiques plus proches des réalités des territoires. Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a répondu à cet appel en conviant ce mercredi 7 septembre les sept signataires à des réunions en particulier avec lui et ses ministres. Des réunions qui ont été suivies par un « dîner de travail » à l’Elysée où étaient également conviés une cinquantaine d’autres élus et parlementaires des Outre-mer ainsi que les préfets de ces territoires.
Le président Emmanuel Macron, réélu en juin dernier, sans la faveur des votes de la majorité des territoires ultramarins dont les résultats des urnes ont marqué une nette préférence pour les partis extrêmes (Les Insoumis et le Rassemblement National), a porté une écoute attentive à l’Appel de Fort de France formulé le 16 mai dernier par les présidents des Collectivités de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane, de La Réunion, de Mayotte et de Saint-Martin. Il y a répondu le 29 juillet en promettant l’organisation d’une rencontre dès la rentrée de septembre pour un temps d’échange avec les signataires de cet appel, afin d’aborder les sujets institutionnels, économiques et sociaux. Rendez-vous a été pris pour le mercredi 7 septembre.
 
De l’importance de rester soudés
 
La veille de ce dîner de travail avec le président de la République, les sept chefs de l’exécutif des Collectivités ultramarines signataires, Ary Chalus (Président du Conseil Régional de Guadeloupe), Huguette Bélo (Présidente du Conseil Régional de La Réunion), Serge Letchimy (Président de la Collectivité territoriale de Martinique), Guy Losbar (Président du Conseil Départemental de Guadeloupe), Louis Mussington (Président du Conseil Territorial de Saint-Martin), Gabriel Serville (Président de la Collectivité Territoriale de Guyane) et Ben Issa Ousseni (Président du Conseil Départemental de Mayotte), se sont longuement entretenus ensemble, à l’antenne parisienne de la Région Guadeloupe, afin de se mettre d’accord sur leur unité et sur la ligne de conduite à adopter d’une seule voix. « C'est un Appel qui pour nous est très important, qui ne consiste pas simplement à circonscrire quelques problématiques ponctuelles par rapport aux enjeux et à ce que nous souhaitons voir évoluer dans nos différents pays. Donc pour nous c'est très important de rester très soudés et d'avoir une revendication très forte au niveau de l'état (…) On ne peut pas avoir signé une telle déclaration et ne pas être solidaires ensemble sur l’attitude à avoir », a confié Serge Lecthimy au correspondant parisien du quotidien France-Antilles.
 
Près de deux heures D'ECHANGES « en privé »
 
Cette mise au point étant faite, et avant la rencontre avec le chef de l’Etat, les sept chefs d’exécutifs ont été d’abord en réunion place Beauvau, avec le Ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et le ministre en charge des Outre-mer, Jean-François Carenco. Une réunion qui aura duré une petite heure, avant que les sept signataires de l’appel se dirigent vers l’Elysée où ils étaient attendus par le Président de la République Emmanuel Macron, accompagné par la première Ministre Elisabeth Borne. Une petite heure là-aussi d’échanges entre les sept chefs des exécutifs ultramarins et le chef de l’Etat et sa première ministre.
Au dîner à l’Elysée, étaient également conviés les parlementaires, les présidents d’associations des maires, les députés européens et présidents d’exécutifs (Départements, Régions et Collectivités) et les préfets. Au total une cinquantaine d’élus ultramarins des territoires de l’Atlantique et de l’océan Indien étaient conviés autour de la table d’Emmanuel Macron, de la Première ministre Élisabeth Borne, du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, du ministre en charge des Outre-mer, Jean-François Carenco.
 
Premier pas salué mais rester attentifs à la mise en œuvre des engagements pris
 
Un format proposé par le Chef de l’Etat qui n’était pas forcément pour plaire au départ aux signataires de l’appel de Fort de France… Toutefois à la sortie de ce dîner somme toute protocolaire, les sept signataires, dans un communiqué conjoint, ont indiqué que « les échanges ont été francs et directs » que le Président de la République s’est dit « prêt à aborder les questions économiques, sociales et institutionnelles, au travers d’une feuille de route et d’un agenda qui n’excluent aucun sujet ». Ainsi a-t-il été annoncé par la Première ministre l’organisation d’une réunion interministérielle d’ici à 6 mois. Et Le communiqué des sept signataires de l’appel de Fort de France de conclure : « Désormais nous avons une méthode et nous allons engager un calendrier de rencontres politiques et techniques pour doter nos territoires des leviers du changement profond que nous avons souhaité et sur lequel le Président de la République s’est aujourd’hui engagé. »
Outre les sujets prégnants pour tous les territoires ultramarins (la lutte contre la vie chère, la sécurité, le développement économique, la protection de l’environnement, les réformes institutionnelles, la refonte des relations entre Paris et les territoires ultramarins), le président Louis Mussington joint par téléphone nous indiquait avoir quant à lui insisté particulièrement sur l’importance de la nécessité d’une révision de la loi organique qui régit la Collectivité territoriale de Saint-Martin.
De même, le président Mussington nous confiait que les sujets spécifiques à notre territoire, tels que l'éducation et le bilinguisme, les logements toujours insalubres depuis l'ouragan Irma, ou encore la nécessité d'un centre de détention sur l'île, ont été évoqués avec les ministres Carenco et Darmanin, qui ont eu une écoute attentive.
A noter que le ministre Carenco a assuré au président Mussington qu'il se rendrait à Saint-Martin et Saint-Barthélemy à la mi-octobre pour une visite exclusive des deux Iles du Nord.

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