SOCIETY

Alain Richardson : Irma, PPRN, Pandémie du Covid-19… What’s Next ?

Alain Richardson : Irma, PPRN, Pandémie du Covid-19… What’s Next ?

09 June 2020
Les différents événements qui secouent violemment le territoire de Saint-Martin depuis près de 3 ans maintenant, obligent à mener une réflexion pour réinventer un nouveau modèle de développement, plus porté par des facteurs endogènes qui viendraient limiter notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur. C’est en tout cas l’avis de l’homme politique Alain Richardson, ex-président de la Collectivité entre 2012 et 2013. Rencontre.
 
Pour l’ancien élu, il n’est pas raisonnable d’envisager que le tourisme puisse à nouveau être la seule locomotive de notre économie. Et en tout cas, selon lui, le tourisme ne reviendra pas à des niveaux acceptables avant un certain temps. « La crise sanitaire, de laquelle nous ne sommes pas encore sortis, comporte beaucoup trop d’inconnues et de zones d’ombres et a généré de trop fortes psychoses, pour que l’activité des bateaux de croisière et celle du trafic aérien ne reprennent normalement. D’autant que les compagnies maritimes et aériennes n’ont pas été épargnées et qu’elles vont également devoir se remettre de cette crise. Les américains, nos principaux touristes, vont vivre une crise économique et sociale hors du commun. Les Etats-Unis dénombrent déjà une hausse de 40% de chômeurs, et les personnes touchées appartiennent aussi à la classe moyenne, celle qui nous côtoie depuis toutes ces dernières années ».
 
Saint-Martin peut retrouver son salut en misant sur le BTP…
 
Pour Alain Richardson, il est temps de poser les jalons de la réflexion pour réinventer Saint-Martin. Et selon lui, « c’est en misant sur une reprise du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), tant par la commande publique que par les projets privés, que Saint-Martin pourra retrouver son salut. Le passage de l’ouragan Irma aurait déjà dû faire changer la donne. L’île était et est toujours à reconstruire. Le secteur du BTP pourrait devenir le moteur de notre économie et générer de nombreux emplois et de la formation professionnelle à l’endroit de nos jeunes. Notre Code général des impôts permet par son article 199 et ses « indecies » une défiscalisation locale. L’actuel dispositif arrive à son terme le 31 décembre prochain. Sans prorogation de ce dispositif ou création de nouveau, il n’y aura plus d’incitation fiscale pour programmer de nouveaux projets immobiliers. Or, force est de constater que l’exécutif local n’a émis pour l’heure aucune suite à ce dispositif, alors que cela permettrait de remettre en route le BTP », continue l'homme politique.
 
… Et le développement du port et de l’aéroport
 
« De même, après Irma, mais aussi toutes les grèves qui ont égrainé l’Hexagone depuis tous ces derniers mois, nos propres mouvements, conséquence du PPRN appliqué par anticipation, puis maintenant la pandémie du Covid-19, il serait temps que l’exécutif prenne conscience de notre trop grande dépendance vis-à-vis du port de Pointe Blanche et de l’aéroport de Juliana, et miser sur le développement du port de Galisbay ainsi que sur l’extension de la piste de l’aéroport de Grand Case. Nous aurions été beaucoup plus maîtres à bord quant à l’acheminement vers Saint-Martin de tous les matériaux pour la reconstruction immédiatement après Irma et aussi actuellement face à la crise mondiale. Nous pourrions aujourd’hui être en possession d’outils logistiques qui nous permettraient de développer de nouveaux secteurs, et pourquoi pas d’envisager de devenir un véritable « "hub" de redistribution des produits européens pour la Caraïbe et les Etats-Unis. De telles infrastructures sont fortement génératrices de création d’emplois et de valeur ajoutée.
Saint-Martin est très bien située géographiquement et de telles ambitions politiques pour le territoire permettrait de diminuer notre dépendance eu égard au tourisme. Pourtant, force est de constater là encore que le projet d’extension de la piste de l’aéroport de Grand Case a été abandonné, alors que la Collectivité a acquis le terrain pour quelque 6M€… ». Des idées et un programme qu’Alain Richardson aimerait voir entendus et écoutés par l'équipe actuelle qui est aux commandes de l’exécutif. 

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