Six candidats pour un siège au Sénat
Les grands électeurs – conseillers territoriaux et parlementaires – seront appelés aux urnes dimanche 27 septembre pour désigner le sénateur ou la sénatrice qui représentera le territoire pendant six ans. Avec six candidats en lice et seulement 25 voix à répartir, les tractations vont bon train. Qui soutiendra qui ?
Cinq candidats siègent actuellement au conseil territorial. Trois appartiennent encore au bloc de la majorité RSMa : Annick Petrus, Valérie Damaseau et Raphaël Sanchez. Bernadette Venthou-Dumaine, ancienne membre d’Alternative, élue en 2022 sur la liste conduite par Louis Mussington, a annoncé sa rupture avec la majorité au moment de déposer sa candidature. Daniel Gibbs siège pour sa part dans l’opposition. La majorité territoriale a officiellement choisi de soutenir Valérie Damaseau.
Si les grandes priorités se ressemblent, les candidatures révèlent surtout les fissures au sein de la majorité. Entre soutien officiel, prises de distance et candidatures dissidentes, chacun tente désormais de tirer son épingle du jeu.
Mais peu de surprises dans les professions de foi quant aux priorités fixées. Celles qui font consensus : mieux défendre les intérêts de Saint-Martin au niveau national, adapter davantage les politiques publiques aux réalités du territoire, améliorer l’accès aux soins, au logement et aux services essentiels, répondre aux problématiques de l’eau et de l’assainissement, soutenir l’emploi et le développement économique et mieux accompagner la jeunesse, sans oublier… l’évolution de la loi organique. La différence se joue donc ailleurs : dans les parcours, les soutiens, les dossiers déjà défendus et les quelques marqueurs propres à chacun.
Annick Pétrus RSM-LR, groupe Les Républicains - remplaçant : Alexandre Choisy
Sénatrice sortante, Annick Petrus sollicite un second mandat après avoir affiché à plusieurs reprises ses désaccords avec la majorité. Elle entend poursuivre les dossiers déjà portés au Sénat dont l’application du droit commun en matière de rénovation urbaine, la reconnaissance juridique des « ni-ni », le financement de la résorption de l’habitat insalubre, le maintien des exonérations de cotisations sociales. Elle souhaite également renforcer les dispositifs en faveur des aînés et affirme vouloir travailler avec les élus de toutes sensibilités.
Daniel Gibbs UD-LR - remplaçante : Marie-Dominique Ramphort
Ancien député et ancien président de la Collectivité, aujourd’hui conseiller territorial d’opposition, Daniel Gibbs est rodé à la vie politique et mise sans surprise sur cette expérience. Il insiste notamment sur le contexte national dans lequel débutera le prochain mandat, avec l’examen du budget puis l’élection présidentielle de 2027, et défend le rôle du Sénat comme institution de continuité et d’équilibre.
Valérie Damaseau Alternative – majorité RSMa - remplaçant : Michel Petit
Ancienne 1re vice-présidente de la Collectivité et actuelle présidente de l’Office de tourisme, Valérie Damaseau affirme vouloir placer la défense des intérêts du territoire, de ses habitants et de son avenir au cœur de son mandat. Elle dit aborder cette échéance avec humilité et détermination, en mettant en avant sa connaissance des institutions locales et des enjeux du territoire.
Bernadette Venthou-DumaineSans étiquette - remplaçant : Fabien Galvani
Directrice d’établissement scolaire, Bernadette Venthou-Dumaine, désormais conseillère territoriale indépendante, affiche cinq priorités : consolider l’autonomie de Saint-Martin, renforcer sa résilience, améliorer l’accès aux infrastructures essentielles, donner davantage de moyens à l’éducation et à la jeunesse et faire vivre concrètement le principe de « One Island ».
Raphaël SanchezSans étiquette - remplaçante : Martine Beldor
Raphaël Sanchez se distingue davantage sur les questions agricoles et environnementales. Il veut mieux accompagner les agriculteurs et les éleveurs confrontés aux sécheresses répétées et réclame une réponse nationale plus ambitieuse face aux sargasses.
Tristan Choppin Haudry de Janvry UDR - remplaçante : Emmanuelle Grimaldi
Contrairement à ses cinq concurrents, Tristan Choppin Haudry de Janvry n’est pas issu du sérail politique local. Avocat au barreau de Paris depuis 2017, il a opportunément publié cet été une tribune consacrée à « la souveraineté énergétique des territoires ultramarins français », dans laquelle il défend le développement d’une production locale reposant sur les ressources renouvelables afin de réduire la dépendance énergétique des territoires ultramarins.
Les chances d’une élection dès le premier tour paraissent minces. Sauf surprise ou ralliement de dernière minute, le scénario d’un second tour semble donc le plus probable. Et c’est là que les soutiens, les accords et les reports de voix pèseront vraiment.
Le candidat élu prendra ses fonctions le 1er octobre et percevra une indemnité parlementaire mensuelle de 5 676,12 € nets. À cette somme peuvent s’ajouter des rémunérations supplémentaires : à titre d’exemple, les présidents de commission et les rapporteurs perçoivent une indemnité de fonction de 2 184,30 € bruts par mois.