Redressement judiciaire pour Air Antilles : une lueur d’espoir ?
La décision est tombée hier, lundi 2 février : le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a placé Air Antilles en redressement judiciaire pour six mois. Une période de sursis pour tenter de sauver la compagnie en trouvant les fonds nécessaires et ainsi éviter la liquidation.
La justice a donc décidé d’accorder un sursis à Air Antilles, notamment pour sauvegarder les emplois de plus d’une centaine d’employés. Cette procédure ouvre une période d’observation durant laquelle le remboursement de certaines dettes est temporairement suspendu. Elle doit également permettre à l’entreprise de se restructurer et de présenter un plan de continuation jugé crédible et fiable par la justice. Un administrateur judiciaire a été désigné pour superviser cette phase décisive. Les dirigeants d’Air Antilles devront donc revenir devant le tribunal d’ici deux mois afin de présenter leur stratégie de redressement… et cela passe par l’arrivée de nouveaux investisseurs.
Cependant cette recherche de fonds a été entreprise depuis plusieurs mois déjà et aucun accord n’a pu être conclu. L’enjeu est donc désormais de taille car le compte à rebours est à nouveau lancé et la compagnie va devoir trouver cet argent frais rapidement pour assurer sa trésorerie et le fonctionnement quotidien de l’entreprise, notamment le paiement des salaires, la maintenance des appareils et l’approvisionnement en carburant… et le remboursement des passagers qui n’ont pu effectuer leur vol depuis décembre.
Autres défis auxquels est confrontée Air Antilles, et pas des moindres, obtenir la prolongation de sa licence d’exploitation arrivée à échéance le 31 janvier, et faire lever la suspension de son certificat de transport aérien intervenu suite à l’audit de la DGAC (direction générale de l’aviation civile). Il s’agit de convaincre la DGAC de sa capacité technique, financière et opérationnelle à assurer un service aérien sûr et fiable.
Après toutes les difficultés rencontrées par la compagnie, il y a donc une lueur d’espoir pour qu’Air Antilles survive. Sa disparition entraînerait le retour d’une situation de monopole, avec des conséquences directes sur la mobilité des habitants, la continuité territoriale et l’économie locale. Les six prochains mois seront donc déterminants.