Menaces et intimidations
Le 11 décembre, le tribunal de Marigot a examiné une affaire d’extorsion présumée opposant un entrepreneur à son ancien prestataire. Ce dernier, absent à l’audience, aurait invoqué ses supposés liens avec la mafia locale et internationale pour récupérer une créance commerciale de 100 000 €, multipliant pendant des années les intimidations et menaces de mort.
Tout commence par un chantier à Saint-Barthélemy où D.D, chef d’entreprise, mandate C.B pour réaliser des travaux de gros œuvre dans un appartement. Rapidement, le donneur d’ordre constate ce qu’il qualifie de malfaçons majeures, rendant les ouvrages impossibles à assurer. Contraint de détruire et de refaire les travaux, il refuse de régler les 80 000 € réclamés par C.B, ainsi que les 20 000 € ajoutés pour les charges liées au retard de paiement. C.B, absent lors de l’audience et résidant actuellement en Andorre, est poursuivi pour menace de crime.
Des menaces de mort pendant plusieurs années
C’est alors qu’aurait débuté une angoisse de plusieurs années pour D.D et sa famille. L’entrepreneur raconte avoir reçu de nombreux appels et messages de menaces visant non seulement sa personne, mais également sa fille, certains accompagnés de photographies intimidantes. Un inconnu l’aurait accosté à ce sujet, transformant son quotidien en ce qu’il qualifie de “véritable cauchemar”. Les messages sont explicites : « Si tu parles à la police, je tue ta fille demain », « Paye les 100 000 € et tu seras tranquille ». C.B aurait avoué à D.D avoir confié le recouvrement de sa créance à la mafia locale et internationale. Certains messages reçus provenant de numéros colombiens ou étrangers, ont ainsi renforcé la peur de D.D. En 2024, lors d’un dépôt de plainte, les gendarmes ont pu alors assister en direct à une conversation téléphonique entre les deux parties, confirmant la réalité des menaces proférées. À la barre, D.D, visiblement très ému, confie ne plus supporter la pression de ces années d’intimidation.
Un an de prison ferme requis par le parquet
Le ministère public s’est montré particulièrement ferme face à ces accusations. « Les menaces sur les gens, c’est désormais terminé ! » a affirmé la procureure. Tout en s’interrogeant sur la crédibilité réelle d’un lien avec une organisation mafieuse, cette dernière estime qu’il s’agit d’une stratégie d’intimidation sans fondement réel, mais non moins traumatisante pour les victimes. Elle a requis une peine d’un an de prison ferme et 5 000€ d’amende à l’encontre de C.B : « C’est sévère, mais quand on veut se faire passer pour la mafia, on est traité comme tel. » ajoute-t-elle.
La défense, quant à elle, a reconnu qu’il s’agissait d’un différend entre deux contractants qui ne parviennent pas à s’entendre. L’avocat a admis une « faiblesse » de la part du prévenu, qui aurait voulu se faire passer pour un homme qu’il n’est pas, dans le seul but de se faire payer rapidement. Dans l’attente des délibérés.