Fabrication et commerce d’armes
Le 26 novembre un homme de 20 ans a été condamné à quatre ans d’emprisonnement ferme pour détention, fabrication et commerce d’armes. Une sanction prononcée dans un contexte marqué par la recrudescence des violences armées à Saint-Martin. Le prévenu, jugé en comparution immédiate, bénéficiait jusqu’alors d’un aménagement de peine suite à une condamnation antérieure.
En novembre 2023 lors d’une première perquisition menée dans le cadre d’une procédure pour vol aggravé, les gendarmes découvrent au domicile du jeune homme des munitions et de faux billets, et procèdent également à la saisie de son téléphone portable. Quelques mois plus tard, en avril 2024, le prévenu est à nouveau interpellé. Une seconde perquisition met à jour l’équipement nécessaire à la fabrication d’armes : un moule P80, de l’outillage spécialisé et des pièces d’assemblage pour armes de poing. Suite à ces faits, il est condamné en mai 2024 par le tribunal de Basse-Terre à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis probatoire pour vol aggravé et détention d’armes. Il bénéficiait depuis peu d’un aménagement de peine avec bracelet électronique, et travaillait dans une entreprise d’électricité et plomberie.
Des preuves numériques accablantes
L’analyse du téléphone saisi lors de la première perquisition, réalisée plusieurs mois plus tard, n’intervient qu’après sa condamnation de mai 2024. Les résultats se révèlent accablants et mettent en lumière une véritable activité de commerce d’armes. Le téléphone contenait de nombreux échanges en anglais, traduits par les enquêteurs, dans lesquels le prévenu négociait la vente de pistolets de type Glock pour des sommes variant entre 2200 et 3500 $. De nombreuses photographies d’armes retrouvées dans l’appareil étaient géolocalisées ; elles avaient été prises directement à son domicile et prouvent ainsi la détention. À la barre, le jeune homme est resté évasif, admettant avoir commandé le moule, mais niant toute vente, ou toute fabrication. Une version jugée peu crédible par le ministère public face à l’ampleur des preuves matérielles.
Le parquet dénonce un mépris total de la justice
Dans son réquisitoire, la procureure de la République s’est montrée particulièrement ferme, se déclarant «inquiète de la dangerosité de cet individu». Elle a dénoncé l’absence totale de démarche de réinsertion, pointant les multiples incidents survenus durant son placement sous bracelet électronique.
La magistrate a également relevé que des commandes récentes sur internet de pointeurs laser et accessoires liés aux armes démontraient la poursuite d’activités suspectes, contredisant ainsi les prétentions du prévenu à vouloir se réinsérer par le travail. Le tribunal a partiellement suivi ces réquisitions en condamnant le jeune homme à quatre ans d’emprisonnement ferme et 3 000 € d’amende, avec maintien en détention. Le prévenu dispose de dix jours pour faire appel.