Dix mois de prison pour un jeune multirécidiviste
Un jeune homme de 20 ans comparaissait jeudi dernier devant le tribunal dans trois affaires mêlant délits routiers, outrages et port d’arme prohibé. Déjà bien connu de la justice, il a été condamné à dix mois d’emprisonnement aménageables et devra indemniser deux gendarmes.
Dans le premier dossier dont les faits remontent au 5 février 2025, le prévenu circulait sur un scooter sans respecter la réglementation. Il est poursuivi pour refus d’obtempérer, circulation sans assurance, mise en circulation sans certificat d’immatriculation et absence de plaque visible. Ce jour-là, les gendarmes mobiles tentent de l’arrêter. Le conducteur prend la fuite, chute puis s’échappe à pied. L’enquête permet de l’identifier grâce à ses empreintes et à la plaque du deux-roues. Lors de l’audience, le mis en cause n’a reconnu que la circulation sans casque ni carte grise, mais a contesté le refus d’obtempérer : « C’est eux qui sont venus sur moi comme ça… Si j’ai pris la fuite, c’est que j’ai eu peur des gendarmes. Je suis tout seul, il n’y a personne dans le quartier, ils peuvent faire n’importe quoi », a-t-il expliqué.
Deux mois plus tard, le 26 avril, les militaires croisent à nouveau l’homme sur un scooter, sans casque. Selon les procès-verbaux, il refuse d’obtempérer, tente d’échapper au contrôle en empruntant plusieurs chemins et chute encore une fois. Il abandonne son véhicule moteur tournant avant de s’enfuir à pied.
Outrage, rébellion et port d’arme
Le troisième dossier concerne des faits qui se sont déroulés le 14 juillet 2025. Les gendarmes en patrouille dans un hall d’immeuble connu pour être un point de deal sentent une forte odeur de cannabis. L’homme, assis sur les marches avec un verre d’alcool, refuse de décliner son identité, filme la scène et invective les militaires. Lors du contrôle, ils découvrent un couteau dans sa sacoche, alors qu’il faisait déjà l’objet d’une interdiction judiciaire de port d’arme. Il résiste à son interpellation, insulte les militaires et tente selon eux de donner un coup de tête.
Ces faits valent au prévenu d’être jugé pour port d’arme malgré interdiction judiciaire, outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et rébellion.
En garde à vue, il admet avoir « mis les bras en croix pour éviter d’être menotté » et insulté les gendarmes, mais conteste toute violence volontaire.
« Tout découle de votre refus du contrôle »
Lors de l’audience, le juge lui a rappelé que les contrôles d’identité sont légaux et fréquents dans certains secteurs : « Tout ce qu’on vous reproche découle du simple fait que vous avez refusé de donner votre identité et que vous vous êtes opposé au contrôle. Si vous vous y étiez soumis, l’affaire aurait été terminée ».
La représentante du ministère public a quant à elle insisté sur la gravité de son profil : le jeune homme a déjà été condamné dans le passé à plusieurs reprises pour outrages, menaces de mort, escroquerie ou violences.
« Il dit qu’il passait une journée normale. Mais une journée normale pour lui, c’est une journée où il commet des infractions», a-t-elle souligné avant de requérir une peine globale de prison ferme au vu de son casier et de son rapport récurrent à la violence et aux armes.
Après en avoir délibéré, le tribunal l’a condamné à dix mois d’emprisonnement aménageables. Il devra également verser 300 € à chacun des deux gendarmes, constitués partie civile.