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Une rentrée placée sous le signe de la mobilisation

Par Ann Bouard
31 Août 2026

Le recteur‭, ‬le secrétaire général de l’académie et la directrice académique adjointe des services de l’éducation nationale avaient fait le déplacement vendredi sur le territoire pour assurer la rentrée des cadres et personnels administratifs aux côtés de la vice-rectrice et du Préfet de Saint-Barthélemy et Saint-Martin‭.‬

La matinée a été consacrée à la présentation des perspectives pédagogiques et éducatives ainsi qu’aux priorités fixées pour cette nouvelle année scolaire, placée sous le signe de la mobilisation, de la coopération et de l’action collective.
Pour le recteur, Gabriele Fioni, « former les filles et les garçons qui vont bâtir le futur devient de plus en plus difficile et l’année à venir sera exigeante : conditions matérielles difficiles, personnel de plus en plus débordé, matériel pédagogique en manque et une certaine morosité qui tend à s’installer. » Face à ces difficultés, il a invité les personnels à ne pas rester seuls et à alerter la vice-rectrice en cas de problème majeur, afin que les situations puissent, si nécessaire, être portées à la connaissance du préfet.
Mais encore faut-il, a-t-il insisté, avoir collectivement la volonté de faire bouger les choses. Chacun doit y mettre du cœur et garder à l’esprit que tous œuvrent dans la même direction. Il a notamment appelé à remettre davantage d’humain dans les relations professionnelles, y compris dans les démarches administratives, à travailler en équipe et à mieux valoriser les personnels.
« La bienveillance est la porte d’entrée », a-t-il résumé, sans pour autant transiger sur le respect des règles : les comportements inadmissibles ne doivent pas être laissés sans réponse.
Autre priorité majeure : la lutte contre l’illettrisme. Dans les Antilles, un jeune sur quatre serait concerné, soit deux fois plus que la moyenne nationale. Un constat qui impose, selon le recteur, un engagement renforcé de l’Éducation nationale, notamment lorsque les familles ne sont pas elles-mêmes en mesure d’accompagner suffisamment les enfants dans leurs apprentissages.
L’enjeu est donc de renforcer l’acquisition des savoirs fondamentaux et de ne laisser aucun élève s’installer durablement dans les difficultés de lecture et d’écriture.
Le préfet, Cyrille Le Vély, a pour sa part rappelé la singularité institutionnelle des îles du Nord. Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont, selon lui, des territoires qui ne sont « pas encore stabilisés » et sur lesquels la réflexion institutionnelle doit rester permanente. Certaines évolutions sont demandées, d’autres sont déjà engagées ou à l’étude. Il a ainsi invité les acteurs du territoire à poursuivre cette réflexion sans se limiter au cadre institutionnel existant.
En matière d’outils pédagogiques et culturels, le préfet a également souligné que Saint-Martin entrera prochainement dans une nouvelle ère avec l’ouverture de la médiathèque. D’ici là, l’Éducation nationale doit continuer à jouer pleinement son rôle pour donner aux élèves accès aux ressources nécessaires.

Ressources humaines et sécurité numérique

Le secrétaire général de l’académie, Olivier Huisman, a lui insisté sur la nécessité de renforcer la gestion des ressources humaines de proximité. Organigrammes clairs, fiches de poste à jour, entretiens annuels : autant de prérequis qui, a-t-il reconnu, ne sont pas encore toujours parfaitement mis en œuvre.
La sécurité numérique constitue également un enjeu majeur. Avec 11,8 millions d’élèves, auxquels s’ajoutent les parents, les collectivités et l’ensemble des partenaires de l’institution, l’Éducation nationale représente une cible particulièrement exposée. Un message de vigilance a donc été adressé aux personnels administratifs quant à l’utilisation des outils numériques et à la protection des données.
Cette rentrée reste par ailleurs marquée par des difficultés de recrutement. Un défi qui ne pourra être relevé uniquement à court terme. Pour les responsables académiques, les enseignants ont aussi un rôle à jouer pour susciter des vocations et donner envie aux jeunes générations de rejoindre, demain, les métiers de l’Éducation nationale.

Des indicateurs préoccupants

La vice-rectrice, Nicole Noilhetas, a détaillé les grands dossiers auxquels elle souhaite s’atteler : renforcer l’acquisition des savoir-faire fondamentaux, valoriser et développer le plurilinguisme, lutter contre le décrochage et œuvrer pour un climat scolaire plus apaisé. Des thématiques qu’elle avait présentées lors de son arrivée (voir notre édition du 28 juillet). En préambule, elle a posé les éléments de contexte pour le territoire : des effectifs toujours en baisse avec 112 élèves de moins sur cette rentrée (39 sur le 1er degré et 73 sur le second degré). La baisse se fait aussi malheureusement sentir dans les résultats des évaluations : un suivi de cohorte depuis 2022, du CP au CM1, met en évidence des résultats très faibles sur les cinq dernières années, creusant l’écart avec la moyenne de l’Académie, et qui se ressentent à l’entrée en 6e, notamment en français et en mathématiques. Des résultats en berne également pour l’obtention du Brevet, d’un CAP ou d’un BAC pro, bien en deçà des moyennes nationales. Le baccalauréat tire son épingle du jeu avec globalement de bons résultats. Tout l’enjeu sera donc d’améliorer ces chiffres avec une attention particulière sur le décrochage. Actuellement, on estime que 6% des élèves du second degré, soit 237 élèves (dont 43% de filles) sont en risque de décrochage et 177 ont déjà été identifiés comme décrocheurs et sans solution. Seuls 35 sont en formation ou en emploi.
Enfin, concernant le climat scolaire, 113 faits ont été remontés pour l’ensemble des établissements dont la moitié dans les écoles élémentaires. Près de 60% des faits sont des atteintes physiques ou verbales sur les enseignants ou entre élèves.
Une réunion est prévue dans le courant du mois avec les chefs d’établissement et la vice-rectrice pour détailler toutes les thématiques abordées lors de cette matinée. Autre temps fort de cette rentrée, l’action « septembre bouge », le 16 septembre où le sport s’invitera dans toutes les écoles. 

Ann Bouard