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Don d’organes : un débat pour lever les tabous

Par Lise Gaeta
7 Avril 2026
Dr Corinne Sainte-Luce, propriétaire de la clinique Wataki, Dr Pascale Piednoir, médecin anesthésiste-réanimateur, Dr Roland Lawson, médecin réanimateur et responsable de la coordination hospitalière du don d’organes.

Mercredi 1er avril‭, ‬un temps d’échange autour du don d’organes était organisé à la clinique Wataki‭. ‬Un événement ouvert au public et animé par des professionnels de santé‭.‬

Évoquer la santé par le prisme du don d’organes, c’est le pari qu’ont pris les représentants de l’espace de réflexion éthique de la Guadeloupe et des îles du Nord (EREGIN). Durant près de deux heures, le public a pu discuter avec les docteurs Pascale Piednoir, médecin anesthésiste-réanimateur, Roland Lawson, médecin réanimateur et responsable de la coordination hospitalière du don d’organes et Corinne Sainte-Luce, directrice adjointe de l’EREGIN.
À Saint-Martin, les freins culturels et religieux demeurent importants et les réticences face au don d’organes persistent. Par ailleurs, la double insularité complique les procédures. Seul le don de reins est possible et le prélèvement doit être effectué en Guadeloupe. Après l’opération réalisée, le rapatriement du corps du défunt reste alors à la charge des familles.
Pascale Piednoir évoque alors l’exemple de la Guyane où le seul centre de prélèvement se trouve à Cayenne. Les personnes vivant à Saint-Laurent-du-Maroni et souhaitant faire un don d’organes à leur mort peuvent bénéficier de l’accompagnement de trois membres de leur famille, puis le retour du corps est assuré par l’hôpital. Pour l’heure, à Saint-Martin, aucun dispositif similaire n’a été mis en place.

Sauver des vies

Lors de ce débat, les intervenants ont rappelé les trois grands principes du don d’organes : le consentement présumé, la gratuité et l’anonymat. Selon la loi, depuis 2023 toute personne est un donneur présumé, sauf si celle-ci a exprimé un refus de son vivant ou si elle est inscrite au registre national des refus. De plus, aucun prélèvement d’organes n’est réalisé sans l’accord des proches du défunt. Aujourd’hui, les dons restent insuffisants et ne permettent pas de répondre aux besoins des patients en attente de greffe. 

Lise Gaeta