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Portrait : Evenson Grandin, un garçon qui consacre sa vie à nos défunts et qui a décidé d’en faire son métier

Par Jean-Michel Carollo
6 Août 2026

La profession de fossoyeur n’est pas à première vue celle à laquelle on pense lorsqu’il s’agit de choisir son orientation, pourtant certains jeunes gens la choisissent sans hésiter. Nous avons rencontré l’un d’entre eux.

Une publication récente de félicitations adressées à ce jeune saint-martinois a interpelé la rédaction du 97150 qui a aussitôt voulu faire sa connaissance. Le rendez-vous est donc pris sur son lieu de travail (un peu austère comme peuvent l’être tous les offices de pompes funèbres, mais dans une atmosphère cordiale et détendue). Evenson Grandin est a priori quelqu’un d’assez réservé et discret, mais ces traits de caractère sont des qualités appréciées dans le métier qu’il a décidé d’exercer depuis quelques années déjà. 
En effet, c’est vers l’âge de 12 ans qu’il a eu l’idée de vouloir travailler au sein d’une entreprise funéraire sans vraiment avoir d’explication rationnelle quant à ce choix pour le moins inhabituel. Il prend alors contact avec un des établissement de pompes funèbres situés à Galisbay et obtient rapidement l’autorisation d’y effectuer un stage. Satisfait de cette première expérience, il la renouvelle aussi souvent que possible, durant les vacances scolaires suivantes, d’autant plus que la direction de l’entreprise apprécie beaucoup sa détermination et son engagement personnel, tout en reconnaissant qu’il possède indéniablement les compétences nécessaires pour devenir professionnel.

Prendre soin des défunts, c’est avant tout les respecter

Sérieux, assidu, attentif, respectueux, nombreuses sont les qualités citées par Isabelle Artsen, la responsable de l’établissement qui ne tarît pas d’éloges à son sujet. Grâce à cette entente mutuelle, Evenson qui est élève au lycée  professionnel de Marigot, est désormais en alternance depuis 2021, et il a ainsi obtenu au mois de juin dernier une attestation officielle le reconnaissant comme fossoyeur, porteur et chauffeur, à la suite d’une formation complémentaire effectuée en ligne. Après l’obtention de son baccalauréat, il pourra prétendre au diplôme de «maître de Cérémonie», car c’est l’objectif qu’il s’est fixé avec une détermination sans faille. Il lui faudra d’ailleurs sans doute faire le déplacement en métropole pour parfaire cette formation bien spécifique. 
Aux yeux du grand public, ce choix professionnel peut paraître étonnant mais selon Mme Artsen, il y a de plus en plus de jeunes gens qui s’intéressent aux métiers du domaine funéraire, la preuve en est : la jeune fille qui se trouve à l’accueil de l’établissement est également étudiante, et elle compte bien se consacrer à la thanatopraxie, métier qui consiste en premier lieu à réaliser les soins de conservation et de présentation des défunts. Evenson Grandin a donc fait des émules auprès de ses camarades de classe, et c’est tout à son honneur.          

Jean-Michel Carollo