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Basse saison et braquages à répétition

Par Lise Gaeta
23 Juillet 2026

Depuis plusieurs semaines, les braquages se multiplient à Saint-Martin. Alors que la saison touristique touche à sa fin, les commerçants se disent inquiets et réclament une présence accrue des forces de l’ordre.

« En ce moment, il ne se passe pas une journée sans un braquage ou une agression », déplore Amandine Rycx, pharmacien à la pharmacie centrale de Marigot. Victime le 13 juin d’un braquage dans son établissement, la professionnelle de santé s’insurge face à cette situation. « Toute l’île est concernée. Après nous, nos agresseurs sont partis du côté hollandais pour braquer un Carrefour Market. Cette situation a lieu partout où il y a des commerces ».  En trois semaines, quatre officines et plusieurs boutiques ont été la cible de vols à main armée. Une situation préoccupante tandis que la basse saison ne fait que commencer. 

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

Si une enquête est en cours, Amandine Rycx regrette l’absence de réaction de la part des institutions publiques. Elle affirme n’avoir reçu aucun message de soutien ni de la part de la Collectivité ni de la préfecture à la suite du braquage. « Après un événement aussi choquant, personne ne nous appelle. Nous avons le sentiment que tout le monde s’en fiche », déplore-t-elle. Grégory Lax, gérant de la boutique Caraïbes Numeric Print, est quant à lui désabusé, « Rien ne se passe. On ne voit pas un seul policier dans Marigot. Les policiers territoriaux sont sur le parvis de l’hôtel de la Collectivité où ils font le pied de grue sur le front de mer ». Annoncées depuis plusieurs années, des caméras de surveillance devraient pourtant être installées dans les rues du centre-ville. « Cela fait presque dix ans, depuis Irma, qu’on nous annonce ça, mais en attendant il y a des braquages, des coups de couteaux et des personnes droguées qui déambulent dans les rues, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? », s’agace Amandine Rycx. Inquiète pour ses patients mais aussi pour son commerce. « Nous sommes sur une île qui vit du tourisme, c’est une situation anormale. Qu’est-ce que nous allons faire si les gens ont peur et ne viennent plus ? », se désole le pharmacien. 

Basse saison et braquages à répétition

Des dispositifs d’aide

« Depuis deux ans, nous avons mis en place des groupes d’échange sur WhatsApp dans le cadre du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) », explique Yann Lecam, président de l’Association économique et citoyenne des commerçants de Marigot (AEC). Des canaux de discussion qui permettent aux commerçants d’échanger entre eux quant à leurs inquiétudes et leur situation mais aussi avec la gendarmerie et la Collectivité, également administrateurs des conversations de groupes. « Nous avons aussi créé une fiche des premiers réflexes à avoir lorsque l’on constate un acte suspect ou quand on est victime d’un braquage », précise Yann Lecam. Du côté des forces de l’ordre, si la gendarmerie affirme avoir accentué sa présence sur la voie publique, la police territoriale indique effectuer des patrouilles « matin et soir » et avoir « sensibilisé ses agents à la recrudescence des actes graves ». Des mesures auxquelles les commerçants peinent à croire. « Les élus sont censés faire le nécessaire pour assurer notre protection, mais le 9 juillet, durant le match France-Maroc, deux pharmacies ont été braquées », souligne Amandine Rycx. Des délits à répétition et qui ne semblent pas diminuer et une situation qui devrait être discutée à la fin du mois de juillet lors d’une conférence qui réunira le procureur et l’état major de sécurité. Affaire à suivre. L.G

Lise Gaeta