Cinéma et audiovisuel : Saint-Martin amorce un tournant structurant
Une convention tripartite a été signée le vendredi 27 juin entre l’État, le Centre National du Cinéma (CNC) et la Collectivité afin de bâtir une véritable filière audiovisuelle locale.
La signature de deux conventions, l’une portant sur la coopération pour le cinéma et l’image animée, l’autre sur l’application financière, a témoigné de la volonté commune de structurer durablement la filière audiovisuelle à Saint-Martin. Étaient réunis autour de cette ambition le préfet Cyrille Le Vély, la Collectivité avec Alain Richardson et Dominique Louisy, ainsi que les autorités culturelles nationales, dont le CNC et la DAC de Guadeloupe.
Lors de son discours, Alain Richardson a souligné que le vote unanime du conseil territorial, le 23 mai dernier, avait « marqué notre volonté forte de concrétiser et déployer une véritable politique du cinéma et de l’audiovisuel sur notre territoire ». Il a également insisté sur le fait que « ces premières conventions ont pour objectif de structurer cette industrie et de mettre en place les politiques publiques adaptées ».
Un fond, un bureau et des perspectives
Plusieurs engagements concrets découlent de cette convention, dont la mise en place d’un fonds territorial d’aide au cinéma et à l’audiovisuel, effectif depuis janvier 2025. Doté de 485 000 € pour l’année en cours, dont 355 000 € financés par la Collectivité, 100 000 € par le CNC et 30 000 € par l’État.
Parmi les autres mesures, la création prochaine d’un Bureau d’Accueil des Tournages (BAT), chargé de faciliter l’accueil des productions extérieures, valoriser le territoire comme décor de tournage et accompagner les professionnels locaux, mais aussi le programme “Passeurs d’images” pour sensibiliser la jeunesse au cinéma, des projections en plein air dès cet été ou encore un diagnostic des besoins en formation continue des professionnels.
Aujourd’hui, Saint-Martin compte plus de cinquante structures actives dans l’audiovisuel. Faute de dispositifs de soutien sur le territoire, certaines sont contraintes de s’immatriculer en Guadeloupe ou en métropole pour accéder à des aides. Avec cette convention, la Collectivité espère enrayer cette fuite des talents et créer un écosystème local pérenne, générateur d’emplois. Une réunion publique d’information destinée aux professionnels a d’ores et déjà été organisée en ce sens le 2 juillet dernier, afin de présenter les dispositifs d’aide.