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Saison cyclonique : un exercice grandeur nature pour se préparer

Par Lise Gaeta
4 Juin 2026

Alors que la saison cyclonique vient d’être lancée‭, ‬mardi 2‭ ‬juin Saint-Martin a accueilli une séquence de l’exercice CARAÏBES-26‭ ‬organisé par les Forces armées aux Antilles‭. ‬Mené du 17‭ ‬mai au 4‭ ‬juin‭, ‬cet entraînement interarmées‭, ‬interministériel et‭ ‬interalliés vise à préparer la réponse des acteurs civils et militaires face à une catastrophe naturelle‭.‬

Reconnaissance de zones sinistrées, recherche de victimes, évacuations, les acteurs militaires et civils se sont entraînés durant cinq jours. Simuler les conséquences du passage d’un cyclone de catégorie 4, tel était le scénario joué cette semaine à Saint-Martin. Après des premières phases d’exercice à Marie-Galante puis en Martinique, cette dernière séquence s’est concentrée sur l’après-cyclone. 

Des ateliers opérationnels

Le site de la Belle Créole a servi de théâtre à plusieurs ateliers opérationnels. Le premier a consisté à mettre en place un point de tri des victimes, permettant de prioriser leur prise en charge selon la gravité des blessures. Un deuxième, assuré par les jeunes du RSMA de Guadeloupe, portait sur l’intervention en zone fortement sinistrée. Les équipes ont alors dû se frayer un chemin pour rechercher des victimes. Le troisième, assuré par les pompiers, consistait à rechercher des survivants dans des « poches de vie » et évacuer les blessés, y compris par la mer lorsque les routes sont impraticables. Pompiers de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy et de Guadeloupe, militaires du 33e régiment d’infanterie de Marine, RSMA de Guadeloupe, Croix-Rouge, Sécurité civile, Gendarmerie et partenaires étrangers ont participé à l’exercice. 

Sur l’eau, les navires français, le Bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Dumont d’Urville et la frégate Germinal, ainsi qu’une frégate colombienne, ont pris part à des manœuvres de sauvetage et d’hélitreuillage. « Cet entraînement mutuel, interne, national et international, est primordial dans la région, puisque nous sommes amenés à intervenir un peu partout », a souligné le commandant Benoît Aiglin, représentant de l’état-major des Forces armées aux Antilles.

Tirer des leçons du passé

À Happy Bay, des moyens militaires et civils d’aide aux sinistrés ont été déployés. Sous les tentes, on retrouve un poste médical avancé, déployé par les personnels soignants des armées. La Croix-Rouge française a également présenté ses moyens avec un accueil des sinistrés, un soutien psychologique, ou encore la distribution de dispositifs de première nécessité. « Ces kits couvrent les besoins d’un foyer de 5 personnes pour un mois en matière d’hygiène, de sommeil, d’abri, de cuisine, de nettoyage ou encore de stockage de l’eau », explique Maria-Bonita Amorim Da Silva, coordinatrice à la Croix-Rouge française. À l’écart des installations, une morgue mobile figurait aussi parmi les équipements déployés par la Sécurité civile.

Pour le contre-amiral Jean-Baptiste Soubrier, commandant supérieur des Forces armées aux Antilles, l’exercice constitue un enjeu important d’autant que le territoire ne dispose pas d’implantation militaire permanente. « Il est essentiel de venir pour connaître le terrain et être en mesure d’intervenir en cas de besoin ».

Le préfet Cyrille Le Vély a quant à lui insisté sur les enseignements tirés d’Irma en 2017, notamment en matière de sécurité. « Lors du passage du cyclone Irma, les pillages avaient beaucoup marqué les esprits. La Gendarmerie a prévu de s’installer dans des coins stratégiques avant le cyclone, afin que ces phénomènes ne puissent pas se renouveler », a-t-il indiqué. Au total, près de 300 personnes ont été mobilisées dans le cadre de cet exercice. Organisé tous les deux ans, il permet de renforcer la coordination régionale et de capitaliser sur les retours d’expérience. « À chaque fois, on en tire les leçons pour être meilleurs le jour où cela arrivera », a résumé le commandant Benoît Aiglin. Pour l’ensemble des acteurs militaires et civils présents l’objectif demeure le même, être prêts à intervenir, avant, pendant et après une catastrophe naturelle.  

Lise Gaeta