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Les comptes de la Collectivité : la réalité des chiffres

Par Ann Bouard
3 Juillet 2025

Le compte administratif‭, ‬dernier acte du cycle budgétaire‭, ‬permet au‭ ‬Président de présenter au Conseil Territorial les réalisations effectives de l’exercice‭, ‬tant en fonctionnement qu’en investissement‭, ‬traduisant ainsi financièrement les projets de la Collectivité‭. ‬Il était présenté au dernier Conseil territorial‭.‬

Moins de recettes que prévu, des dépenses maîtrisées, mais toujours de grands besoins : le compte administratif et le compte de gestion 2024 de la Collectivité, adoptés au dernier Conseil territorial, dressent un bilan contrasté, même si l’excédent de 34 M€ constitue pour le Président de la Collectivité, une source de satisfaction et démontre qu’une certaine dynamique économique s’est instaurée. Dans son discours d’introduction il a cependant indiqué, « tout n’est pas rose et tout ne va pas très bien, mais la situation est beaucoup plus rassurante, et avec les recommandations de la Cour territoriale des comptes, on peut s’attendre à des lendemains meilleurs ». Des lendemains meilleurs, assujettis à l’obtention d’un prêt de 20 M€, qui devrait être contracté d’ici fin août, pour satisfaire la trésorerie.

Un excédent de 34 millions d’euros

En 2024, la Collectivité a dû faire face à une baisse significative de ses recettes de fonctionnement, estimées à 16 M€ de moins que prévu. Cette diminution s’explique principalement par un recul des impôts et taxes, ainsi que des dotations de l’État, après une année 2023 exceptionnellement favorable. 
Les dépenses de fonctionnement ont parallèlement augmenté de 6 M€, s’expliquant notamment par la régularisation des carrières des agents qui se poursuit et l’augmentation de la masse salariale « pour améliorer la qualité des services » (+4,3 M€).
Les aides sociales restent un pilier important du budget. Le RSA poursuit sa baisse (13,47 M€ en 2024, contre 14,45 M€ en 2023), tandis que l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), destinée aux personnes âgées dépendantes, a fortement augmenté, signe d’un vieillissement de la population (4,2 M€).
Le soutien au tissu local a également été maintenu : 8 M€ ont été versés à l’Office du Tourisme, 2,6 M€ pour les bourses étudiantes, plus d’un million pour les personnes en situation de handicap, 12,8 M€ pour Caisse Territoriale des Œuvres Sociales, 2,2 M€ pour le service d’incendie, 800 000€ pour l’ITSEE, 180 000 € pour l’abattoir…

Des investissements en deçà des prévisions

Côté investissement, la Collectivité n’a réalisé que 53 % des dépenses prévues (hors remboursement d’emprunts), un chiffre qui monte à 71 %
en incluant les projets engagés, mais non encore payés. Alain Richardson admet qu’il y a  «un écart entre le temps politique et le temps administratif» et que ce retard  s’explique notamment par des lourdeurs de gestion que les services entendent corriger, grâce à une planification pluriannuelle resserrée et un nouveau mode de suivi budgétaire plus souple (les autorisations de programme).
La Collectivité a pu compter sur un excédent de 17 M€ issu de 2023, sur un emprunt de 10 millions et sur une hausse importante des subventions d’investissement (+6,6 M€) pour maintenir son niveau d’action publique.
Si la capacité d’autofinancement a reculé — l’épargne brute est passée de 12 % à 6 % — pour la majorité, la Collectivité reste dans une situation financière saine, avec une capacité d’endettement encore maîtrisée. Le message est clair : les marges de manœuvre existent, à condition de rester vigilants et de continuer à réduire la voilure.

Un compte financier unique

Cet exercice, 2024, devrait être le dernier tenu avec un compte de gestion et un compte administratif. Louis Mussington a annoncé que dès cette année, la Collectivité ferait le choix du Compte Financier Unique (CFU), sans attendre sa mise en œuvre rendue obligatoire par l’État à l’horizon 2026.
Un choix qui a d’ores et déjà été fait sur l’exercice 2024 par la Collectivité de Saint-Barthélemy, mais qui n’a pas fait l’unanimité auprès des élus lors du conseil territorial du 27 juin, obligeant la tenue d’un second conseil le 30 juin en urgence, date limite d’approbation des comptes. A Saint-Barthélemy également, les comptes font l’objet de débats houleux entre majorité et opposition. Avec seulement 5 voix pour (sur 18 votants) le CFU a été rejeté.
A noter que si le compte unique n’est pas adopté par les Collectivités, c’est l’État qui doit attester de la sincérité des comptes après en avoir saisi la Chambre Territoriale des Comptes. Pour Saint-Barthélemy, elle rendra ses conclusions début août. 

Ann Bouard