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Louis Mussington : « l’eau est ma priorité »

Par Ann Bouard
2 Avril 2026

Le Président de la Collectivité a souhaité clarifier la situation de crise actuelle‭. ‬Pour lui c’est un sujet de responsabilité politique et morale‭, ‬vis-à-vis de la population‭. ‬Faute d’eau‭, ‬les écoles ferment‭, ‬la vie devient encore plus compliquée pour les personnes vulnérables et l’économie en est également affectée‭. ‬Le point sur les solutions envisagées à court et long termes‭.‬

Mercredi matin lors d’une conférence de presse, Louis Mussington est revenu sur son intervention lors du dernier conseil territorial. S’il n’accepte pas l’intervention intempestive de l’un de ses conseillers territoriaux, qu’il juge inacceptable et qui fait preuve de manque de respect à l’égard du Président de la Collectivité, il reconnait  que les reproches faits à la SAUR sont justifiés. Mais, il veut avant tout rassurer la population, sur le fait que l’eau dans les robinets, en permanence, pour tous les citoyens est bien sa priorité.

Mettre la pression‭ ‬sur la SAUR

Le Président ne peut nier les difficultés entre son établissement des eaux et la SAUR et reconnaît que cette dernière n’a effectivement pas respecté son contrat. « Il faut mettre la pression pour que la SAUR assume son rôle de délégataire » a-t-il indiqué. Les travaux post Irma n’ont pas été suffisants. On m’a prévenu que l’usine risquait de lâcher, car vétuste, mais aussi sur le fait qu’il n’y ait pas eu de travaux d’entretien. Les bonnes mesures n’ont pas été prises à l’époque estime le Président qui précise qu’à son arrivée au pouvoir, la Collectivité a acheté deux pompes et l’ EEASM une unité mobile… mais, qui n’a jamais été installée regrette-t-il. Le choix aujourd’hui est, en accord avec la Préfecture et la SAUR, de mettre les fonds nécessaires sur les travaux jugés nécessaires et estimés entre 9 et 10 M€.

Nouveau fléchage‭ ‬des fonds européens

La préfecture a rappelé, à juste titre, que les fonds FEDER accordé risquent d’être dégagés d’office le 31 décembre 2026 si les crédits ne sont pas utilisés. Il est donc judicieux indique le Président de flécher immédiatement une partie des fonds sur les mesures d’urgence qui s’imposent. Sur les 18 M€ de fonds FEDER qui arrivent à échéance, 10 M€ étaient fléchés sur la construction de la nouvelle usine. Le président en accord avec la Préfecture, souhaite les dévier sur la rénovation de l’usine, l’achat de deux nouvelles pompes, voire d’une nouvelle unité mobile et la réparation de la première. L’objectif est de la faire tenir encore quatre ou cinq ans. Un avenant sera signé avec la SAUR pour pouvoir réaliser ces travaux et le Président a bien l’intention d’insister sur les manquements du délégataire, d’autant que l’EEASM est désormais en capacité de contrôler les opérations effectuées.
Il ne néglige pas pour autant la construction de la nouvelle usine, mais toutes les conditions ne sont pas réunies. Le terrain retenu est celui actuellement occupé par Soremar. Si son AOT n’a pas été renouvelée, le concessionnaire, négocie cependant son départ. Sur le financement, plusieurs réunions ont eu lieu en préfecture et effectivement les partenaires ont pris des engagements, mais s’interrogent sur les changements de propositions :  l’usine produit aujourd’hui 4 000 m3 d’eau, le projet  prévoyait 9 000 m3, mais au final les besoins s’élèveront à 13 000 m3 par jour. Le coût du projet risque donc de passer de 35 M€ à 45 M€. La Collectivité s’est engagée sur un apport financier de 12 M€ et devait effectivement verser une première tranche de 6 M€ en 2025 et le solde en 2026. Je regrette que l’on n’ait pas versé cette somme, mais 4M € ont été provisionnés sur le budget 2026.
Enfin, le Président indique que la Collectivité est prête à acheter de l’eau à GEBE pour sortir la population de cette impasse.  

Ann Bouard