Le sort du Saint-Martin Beach Resort scellé le 19 février
Depuis le 15 décembre, le plus grand hôtel de la partie française de Saint-Martin a fermé ses portes. Une demande de redressement judiciaire a été déposée et sera examinée ce 19 février par le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre. 137 emplois directs et, au-delà, l’avenir de nombreuses familles et de l’économie locale sont en jeu.
Vendredi matin, une partie des salariés s’est réunie devant le complexe hôtelier d’Anse Marcel. Depuis deux mois, les employés disent n’avoir reçu aucune information claire sur l’avenir de l’établissement ni sur leur propre devenir. Malgré les nombreuses sollicitations du CSE auprès du groupe d’investisseurs aucune information n’a été fournie.
Un navire sans capitaine, ni cap
L’ancien Riu a été acheté en juin 2018 par la société d’investissement hôtelière Sole Resorts, basée aux États-Unis. L’exploitation avait été confiée au groupe Appel Leisure Group, avec l’intention d’ouvrir l’hôtel sous la marque Secrets St Martin Resort & Spa, affiliée au groupe Hyatt. Toutefois, cette affiliation a pris fin au 31 mai 2025, avec un changement de nom et une gestion depuis en tant qu’hôtel indépendant. Aujourd’hui, la situation est confuse : plus de marque clairement affichée, plus de site actif pour les réservations et aucun projet officiel. Le directeur général a quitté ses fonctions le 31 décembre dernier. Quant au président de la société, il aurait indiqué par courriel que des démarches étaient en cours, sans qu’aucune présentation concrète n’ait été faite aux représentants du personnel. Officiellement fermé pour travaux, force est de constater qu’à ce jour aucun chantier n’a débuté et qu’aucun projet n’a été clairement annoncé. Les salariés s’interrogent sur la forme sous laquelle l’hôtel va désormais exister, si tant est qu’il échappe à la liquidation judiciaire. Ingrid Mathurin, secrétaire du CSE, déplore cette absence de visibilité.
Appel aux politiques
Avec 137 emplois directs, l’établissement est le deuxième employeur privé de la partie française de l’île. Il est aussi le seul à pouvoir accueillir des événements d’envergure et à proposer 258 chambres. Sa fermeture serait un coup dur pour la capacité d’accueil du territoire, alors que la Collectivité affiche l’ambition de développer le tourisme d’affaires et l’accueil de grands rassemblements.
Les représentants du personnel disent avoir alerté les autorités : Collectivité, Préfecture, parlementaires. La sénatrice a réagi, rappelant à l’État les responsabilités de l’employeur. Le 1re vice-président de la Collectivité, Alain Richardson, la présidente de l’Office de tourisme, Valérie Damaseau et les services de l’inspection du travail se sont déplacés pour constater la situation. Mais aujourd’hui, les salariés attendent des engagements clairs. « Nous attendons de nos politiques qu’ils soient conscients des enjeux que représente une fermeture », expliquent-ils.
Le 19 février, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre devra examiner la demande de redressement judiciaire déposée par les propriétaires. Pour les salariés, cette date pourrait marquer un tournant : soit l’ouverture d’un véritable projet de relance, avec des garanties pour l’emploi, soit le début d’un processus plus incertain encore.