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Intrusion, agression sexuelle et rébellion : 6 ans ferme

Par Ann Bouard
7 Avril 2026

Jugé en visioconférence depuis Basse-Terre‭, ‬un homme de 29‭ ‬ans comparaissait jeudi dernier devant le tribunal pour des faits de‭ ‬violation de domicile‭, ‬agression sexuelle en état d’ivresse manifeste‭, ‬violences et rébellion vis-à-vis des forces de l’ordre‭. ‬Sa victime‭, ‬une dame de 76‭ ‬ans‭, ‬est venue témoigner courageusement à la barre‭.‬

Le 28 février dernier, vers 3 h 30, l’homme entre dans le domicile de la victime en brisant les clayettes de la porte d’entrée. Le bruit alerte la vieille dame qui n’a que le temps de s’asseoir dans son lit avant que l’homme ne se jette sur elle. Elle se retrouve assise par terre, entre le lit et le mur, la tête de l’homme sur ses fesses. Il tente alors à plusieurs reprises d’atteindre ses parties intimes. La dame appelle au secours. Mais il lui faudra attendre l’arrivée des gendarmes pour se libérer de son agresseur.
Les deux gendarmes trouvent sur place trois témoins qui désignent le domicile d’où viennent les appels au secours. À l’intérieur, ils découvrent l’homme torse nu, pantalon baissé mais toujours porteur de son caleçon, en train de l’agresser au sol. Pris en flagrant délit, il est interpellé non sans mal. Dans un état second, mais très énervé, il assène deux coups de pied à sa victime avant de s’en prendre aux gendarmes qui auront du mal à l’emmener et à le placer en cellule. Là encore, il a un comportement irrationnel et s’inflige lui-même des blessures.
À la barre, la dame déclare, « sa tête était sur ma cuisse, mes deux jambes étaient coincées. Il a essayé d’écarter ma jambe malade, il avait son bras en dessous de moi, et essayait d’attraper mes parties privées mais il n’y est pas arrivé ».

Ravages de l’alcool

Lors de son audition, le prévenu dit ne se souvenir de rien, ayant consommé beaucoup d’alcool, et ne comprend pas comment il s’est retrouvé en garde à vue. Examiné par un psychiatre, il est néanmoins déclaré accessible à une sanction pénale. Depuis la prison de Basse-Terre, il déclare au juge : « Je ne savais pas que j’avais fait tout cela à la dame. » 
Il compte 16 mentions à son casier judiciaire, pour vols, rébellion, outrage à personne dépositaire de l’autorité, port d’arme, violences sur mineur, commis entre 2013 et 2025 en métropole ou à Saint-Martin. La dernière affaire concernait une tentative d’étranglement de ses sœurs sous l’emprise de cocaïne, jugée par les mêmes magistrats.  « Je m’excuse, je suis désolé. Je ne suis pas un gars méchant, c’est l’alcool et la prise de stupéfiants qui me font ça » argumente l’homme pour sa seule défense.

Peines cumulées

Pour le ministère public, nul besoin de longues réquisitions : les faits ont été constatés par les gendarmes eux-mêmes, ce qui est rare.  Mais les faits restent choquants. La dame est âgée, se déplace difficilement avec une canne et n’avait aucune chance face à un homme grand et bien bâti. « Elle ne pouvait que subir l’agression de ce dernier et sa violence », souligne la vice-procureure, qui salue le courage de la victime pour venir témoigner.
Mais face à un tel scénario et au discours d’un homme à qui la Justice a pardonné tant de fois, elle n’a plus aucune indulgence. « Quand il est défoncé, il est dangereux ! Il faut l’extraire de la société. » Elle demande sept ans de réclusion, avec mandat de dépôt et suivi socio-judiciaire de cinq ans, expliquant : « Le jour où il sortira, il continuera. C’est un danger, il fait du mal à tout le monde, nous avons tout essayé avec lui, rien ne marche. Il fait du mal aux personnes âgées, à sa famille, aux gendarmes. Je m’en fiche qu’il ne se réinsère pas, je veux protéger la société. »
Elle demande également une injonction de soins dès la détention, une obligation de travail pour indemniser les parties civiles et cinq ans d’inéligibilité.
Le tribunal a relaxé l’homme pour les violences sur la dame et l’a condamné pour les autres faits à six ans d’emprisonnement délictuel avec mandat de dépôt, à un suivi socio-judiciaire de cinq ans et à cinq ans d’inéligibilité.

Il devra indemniser les gendarmes, constitués parties civiles, à hauteur de 400 € chacun pour préjudice moral. Quant à la victime, également partie civile, sa demande est renvoyée à l’audience sur intérêts civils du 6 octobre 2026. 

Ann Bouard