Faits de violence : le traumatisme de l’après
Une mère et sa fille de 6 ans ont vécu une scène d’une extrême violence, en pleine rue à Concordia. Menacée avec une arme, la mère a vu son véhicule partir avec son enfant toujours à l’intérieur. Si la fillette a rapidement été relâchée et la voiture retrouvée, le traumatisme, lui, est toujours bien présent. Aujourd’hui, cette mère veut témoigner pour rappeler que « cela peut arriver à n’importe qui ».
Tout commence comme chaque soir ou presque. À 16h, sa fille de 6 ans quitte l’école, située dans la même rue, et vient la rejoindre au cabinet de cardiologie de Concordia où elle travaille. Une heure plus tard, mère et fille rentrent ensemble à la maison.
Ce jeudi 10 septembre, il est environ 17h20 lorsqu’elle installe sa fille dans la voiture avant de prendre place à son tour. C’est à ce moment-là qu’un homme surgit, le visage dissimulé par un bandana. il lui montre une arme et réclame ses clés, son téléphone et le véhicule. Elle refuse de sortir. Pas tant que sa fille est encore à l’intérieur. L’homme pointe alors son pistolet vers son abdomen. Dans un réflexe, elle repousse son bras tout en sortant de la voiture. Un coup part. La balle termine sa course au sol.
Vol de voiture et kidnapping d’enfant
La suite se joue en quelques secondes. La mère se débat avec son agresseur, tente de lui faire lâcher son arme et crie pour appeler à l’aide. Dans la rue, personne ne réagit. Seul un SDF sort de l’une des maisons abandonnées, nu. Il retourne rapidement s’habiller puis revient lui prêter main-forte. La jeune femme continue de se défendre. Elle pousse son agresseur, qui tombe au sol sans pour autant lâcher son arme. Emportée dans sa chute, elle tombe avec lui. L’homme parvient finalement à se relever, monte dans la voiture et démarre. Sa fille est toujours à l’intérieur. Elle court derrière le véhicule en hurlant, tente de le suivre, mais arrivée devant la SAUR, sous le choc, elle perd connaissance. Lorsqu’elle revient à elle, des policiers municipaux sont présents et quelqu’un prévient les gendarmes. Puis sa fille apparaît. Elle court vers sa mère. L’agresseur l’a finalement fait descendre du véhicule quelques mètres plus loin. Un soulagement immense, qui n’efface pourtant pas ce qui vient de se passer.
Après l’agression, la peur
Elles ne peuvent pas rentrer chez elles car les clés sont dans la voiture tout comme le téléphone… qui va permettre de géolocaliser la voiture à Agrément. Les gendarmes ont pu la retrouver. Elle a récupéré sa voiture mais vit dans la peur car le malfrat a toujours la clé. La fillette, elle, n’a repris le chemin de l’école qu’une semaine plus tard. Autour d’elle, la famille s’organise, l’entoure et tente de lui changer les idées. Sa mère essaie elle aussi d’avancer, mais reconnaît que le traumatisme est là.
Si elle a choisi aujourd’hui de raconter cette agression, par notre entremise, c’est pour alerter la population, rappeler que ce type de violence ne concerne pas seulement « les autres » et surtout pour que cela cesse.
Car ceci n’est pas une histoire isolée… la veille de cette agression, une autre femme vivait la même chose sur le parking du stade.
Pour cette mère, une chose est certaine : au-delà du vol de la voiture, il restera l’image de son enfant emporté quelques instants par un inconnu armé. Et cette peur-là ne disparaît pas lorsque l’on retrouve ses clés.
Celle que l’on a toujours nommée la Friendly Island est en train de sombrer dans la délinquance et quoi qu’en disent les discours des autorités qui se veulent rassurants, la violence est bien là. La population la vit désormais au quotidien, en plein jour… mais c’est aussi à cette même population de se réveiller, pour éduquer sa jeunesse et ne pas la laisser divaguer.