Arnaques en série : l’homme jugé au tribunal de Marigot vendredi dernier n’en était pas à son premier essai
Il existe des gens pour qui la malhonnêteté est un mode de vie, et ils y ont recours avec une telle assurance que leurs victimes se laissent avoir à tous les coups.
Cette fois-ci, le prévenu devait répondre de ses actes concernant treize chefs d’accusation pratiquement similaires. Le mode opératoire était le suivant : après avoir été mis en contact avec des clients potentiels, ce pseudo-maçon, homme à tout faire, demandait des acomptes en espèces afin d’acheter les matériaux nécessaires à la réalisation des chantiers pour lesquels on le sollicitait : réfections de piscines, rénovations d’appartements, pose de carrelage, installation de baies vitrées, et même créations de sociétés côté hollandais, car l’homme affirmait avec un aplomb sans égal qu’il avait un carnet d’adresses bien fourni dans pratiquement tous les domaines. Doué d’un pouvoir de persuasion et d’un discours bien rôdé, il encaissait d’importantes sommes d’argent qu’il utilisait ensuite à des fins personnelles.
Quand la confiance règne, tout est permis
Dans le meilleur des cas, il commençait les chantiers avec des résultats catastrophiques sans jamais les terminer, tout cela sans posséder aucune société, ni compte en banque. Devant le juge, l’homme reconnaît sans broncher qu’effectivement il a toujours travaillé « au black » et qu’en aucun cas il ne comptait aller jusqu’au bout des travaux entamés, et parfois même pas commencés. Il serait fastidieux d’énumérer les sommes d’argent qu’il a ainsi détournées sans vergogne, mais plus l’audience avance, plus les montants défilent au grand étonnement des personnes présentes dans la salle : 2600 €, 10 000 €, 8 700 €, 6 200 €… ainsi qu’une liste de faits répréhensibles tels que fausses factures, emploi de mineur non déclaré, blanchiment d’argent, sans oublier les menaces envers ses victimes, abus de confiance, usage de faux documents, escroquerie, etc.
Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
Faisant preuve d’un calme olympien, l’homme reconnaît pratiquement tout, à deux ou trois exceptions près. Il faut dire que son parcours révèle qu’il a une réelle propension à agir malhonnêtement comme le prouve son casier judiciaire déjà bien chargé. Au gré de ses pérégrinations qui l’ont mené de la Bretagne à l’île de la Réunion en passant par la Corse mais aussi la prison de Basse–Terre, et bien d’autres destinations, il a fini par échouer à Saint-Martin avec femme et enfant pour commettre de nouvelles infractions malgré le port d’un bracelet électronique et la soumission à un contrôle judiciaire.
Oui, cela fait beaucoup, et la place nous manque pour tout détailler davantage. Après une audience de plus de deux heures, le tribunal a rendu son verdict : 30 mois de prison, dont 18 avec sursis probatoire, ce qui signifie qu’il devra rembourser toutes ses victimes dans ce délai imparti, faute de quoi il retournera derrière les barreaux. Il a quitté le tribunal entre deux gendarmes sans sourciller davantage… l’habitude sans doute.