Trafic de stupéfiants : condamnations plutôt clémentes pour trois prévenus
Leur première audition devant le tribunal, en comparution immédiate, remonte à un mois et demi (voir notre édition du 22 septembre). Ils encouraient chacun une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement
Bref rappel des faits : c’est en effectuant un banal contrôle routier à Saint-Barthélemy que les gendarmes avaient procédé à l’arrestation de trois hommes impliqués dans un trafic de stupéfiants. Parmi eux se trouvait un toxicomane notoire au lourd passé judiciaire, un individu qui d’emblée affirmait ses regrets de s’être laissé entraîner dans cette affaire, et un troisième homme plus jeune qui semblait moins impliqué. Toujours est-il qu’ils comparaissaient tous les trois devant le tribunal pour transport, acquisition, détention, offre ou cession, et emploi non autorisés de stupéfiants.
Un trafic qui tue
Après une mise en détention provisoire en Guadeloupe, ils étaient donc de retour devant le juge de Saint-Martin vendredi dernier, et c’est après une séance particulièrement longue (11h30 / 17h30) qu’ils ont pu enfin savoir le sort qui leur était réservé. Des éléments nouveaux sont apparus, et les langues se sont déliées, à tel point que celui qu’on pensait être le chef de la bande s’est révélé beaucoup plus fragile qu’il n’y paraissait (une impression due sans doute à son état de santé précaire suite à son sevrage forcé).
Certains éléments du dossier ont permis d’établir que le deuxième prévenu n’était pas aussi innocent qu’il en avait l’air puisque celui-ci logeait les deux autres moyennant un loyer exorbitant tout en profitant du carnet d’adresses du premier pour faire son petit business de vente de drogue à des particuliers. Quant au troisième, il suivait le mouvement en arrondissant ses fins de mois grâce à la même méthode.
« Ils ont fait leur beurre »
C’est ce qu’a déclaré celui dont ont profité les deux autres, révélant également que si effectivement ils étaient consommateurs et revendeurs, ce petit trafic n’avait rien d’une affaire de grand banditisme international. Les avocats de la défense ont tenté en vain de prouver la nullité du dossier à cause de certaines irrégularités durant les gardes à vue, et à propos de détails concernant la perquisition qui avait permis de retrouver des matières illicites et de l’argent en espèces. De même, la validité des tests réalisés sur les produits saisis a été mise en cause par la défense.
Mais rien n’y a fait et le Ministère public a tout rejeté en bloc insistant sur le fait que l’on avait affaire à un trafic qui tue. Madame la Procureure de la République a finalement réclamé des peines de deux à quatre ans de prison, donc beaucoup moins que le maximum qui était à craindre. Après une longue délibération, le tribunal a rendu son verdict : deux des trois coupables ont été condamnés à une peine de 36 mois d’emprisonnement dont douze avec sursis (et l’obligation de se soigner pour l’un des deux), et 18 mois dont six avec sursis pour le troisième. Comme le veut la formule consacrée, ils ont dix jours pour interjeter appel du jugement.