Début des procès des élus : un premier renvoi pour Louis Mussington
Le Président Mussington était convoqué lundi matin au tribunal de Saint-Martin pour la première audience d’une série qui le met en cause dans plusieurs dossiers. Absent à l’audience, il devait être jugé pour « prise illégale d’intérêts». Son avocat a demandé le renvoi arguant du manque de temps pour préparer la défense.
Les faits qui lui sont reprochés sont l’embauche de cinq personnes de sa famille en tant qu’agents de la Collectivité, entre le 20 mai 2022 et le 24 août 2024. Son avocat, Maître Nicolas, rappelant que ce dossier concerne au final cinq personnes et sept contrats, a demandé dès le début de l’audience un renvoi. Deux raisons à cela : l’absence de Louis Mussington, déclaré souffrant, et la remise tardive de la copie de la procédure. Copie obtenue le 9 septembre seulement par le conseil qui a dû se déplacer pour l’obtenir, car ses mails de juin et juillet étaient restés sans réponse.
Une demande contrecarrée par la procureure, Élodie Rouchouse, qui a estimé que les conseils du Président auraient dû réagir lors des messages d’erreur reçus suite à l’envoi de son premier mail du 8 juin, sur l’adresse d’une personne désormais à la retraite. Elle estime que 4 semaines sont suffisantes pour préparer la défense sur un tel dossier. Quant à l’absence de Louis Mussington, elle s’en étonne, car elle l’a vu dans la presse lors d’une cérémonie vendredi soir et « il n’avait pas l’air malade ». De plus, elle précise qu’aucun certificat médical n’a été remis au tribunal. Elle demande un mandat d’amener pour qu’il soit jugé le jour même.
Maître Nicolas, lui-même souffrant, revient à la charge : « le 9 septembre, quand je me suis déplacé, on m’a indiqué que c’était la bonne adresse mail et elle correspondait exactement à celle sur laquelle on nous a demandé de faire la demande de renvoi ». Il estime anormal que l’on veuille juger son client dans ces conditions. L’audience a été suspendue de longues minutes, le temps de vérifier la validité de l’adresse mail. Les propos de la procureure sont confirmés, un message d’erreur est bien envoyé. Cependant, la demande du 22 juillet, elle, a été reçue mais n’a pas été traitée par le tribunal. Le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 11 janvier 2027. A l’issue de cette audience écourtée, le juge a insisté sur la présence impérative du Président de la Collectivité le 11 janvier prochain afin qu’il réponde des faits devant une salle publique et en présence des journalistes, sans quoi « le tribunal en tirera les conséquences ».
Le Président est à nouveau attendu au tribunal ce mercredi 7 octobre, cette fois avec ses 4 vice-présidents pour répondre d’accusations de favoritisme dans les marchés publics et de détournements de biens publics.