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Tenue d’un état-major de sécurité pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy

Par Jean-Michel Carollo
6 Février 2026

Un bilan positif sur les actions menées par les forces de l’ordre et les services de l’État durant l’année 2025‭, ‬et les projets en cours ont été rendus publics‭.‬

A cette occasion Éric Maurel, le procureur général près de la cour d’appel de Basse-Terre avait fait le déplacement pour participer à cette réunion orchestrée par le préfet Cyrille Le Vély en compagnie de la vice-procureure Marie-Lucie Godard et des commandants de la Gendarmerie Nationale et de la Police aux frontières. Il est à noter que les chiffres de l’année écoulée sont plutôt encourageants par rapport à ceux de 2024 : 3% de recul de la délinquance, - 10% d’atteintes aux personnes, -14% d’atteintes aux biens, une baisse significative des violences intra-familiales, - 30% de vols à main armée, - 80% d’homicides. Le préfet a souligné que désormais 54% des enquêtes aboutissent (l’objectif national étant de 45%, c’est plutôt bien) et il en a conclu que ces résultats sont essentiellement dus à la bonne coordination des services entre eux les félicitant au passage pour leur efficacité sur le terrain.

C’est mieux mais il faut continuer

Éric Maurel n’a pas caché sa satisfaction non plus face à ces chiffres qui selon lui sont le fruit d’un travail quotidien de chacun des acteurs de la sécurité et de la prise de conscience des responsabilités au niveau de l’insécurité du territoire, plus particulièrement à Saint-Martin, même si Saint-Barthélemy n’est pas complètement exclue contrairement aux apparences. Quelques données peuvent paraitre effarantes, comme par exemple le fait que le nombre d’homicides est 8,8 fois supérieur à la moyenne nationale, presque autant que la Guadeloupe passée en tête de ce triste classement avec un taux 9 fois supérieur. 
Mais la tendance étant à la baisse, on peut considérer que la courbe va continuer de fléchir dans les années à venir. Le procureur général en appelle à la responsabilité collective car selon lui tout le monde est concerné, et tout le monde a son rôle à jouer en matière de lutte contre la violence : L’État et les forces de l’ordre bien entendu, mais aussi les élus locaux et les familles responsables des actes de leurs enfants devant la loi.

Des méthodes adaptées au terrain

Les spécificités territoriales de Saint-Martin en font une exception dans le mode de fonctionnement des services de l’État, et l’on peut considérer à juste titre que c’est une sorte de laboratoire où sont expérimentées avec succès des méthodes innovantes inédites. En effet la police est « prédictive », entendez par là qu’elle anticipe les actes malveillants et identifie à l’avance les victimes grâce à une présence accrue sur le terrain. Cette proactivité a pour effet de placer Saint-Martin et Saint-Barthélemy parmi les îles les plus sûres de la Caraïbe même si cela peut paraître étonnant pour la population locale, mais n’oublions pas que la principale activité économique de ces deux îles reste le tourisme et que cette année encore, tous les records d’affluence sont battus haut la main.
Le principal problème qui demeure est bien entendu l’absence de frontières matérialisées mais les commandants de la gendarmerie et de la police confirment que la collaboration avec leurs homologues hollandais se renforce au fil du temps, jetant aux oubliettes la fameuse légende urbaine qui consistait à dire qu’une fois passée la frontière, les bandits n’étaient plus poursuivis par la maréchaussée. Des groupes de travail existent pour lutter contre la criminalité des deux côtés de l’île, ce qui confère au territoire une dimension internationale même s’il faut reconnaître un réel manque de conventions officielles dans ce contexte. La lutte contre le narcotrafic est bien entendu la priorité absolue et la tâche à effectuer dans ce domaine reste colossale.

Jean-Michel Carollo