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SNSM : les entreprises locales se mobilisent

Par Ann Bouard
24 Avril 2026
Remise du chèque de 10 000 € à la SNSM pour participer au financement d’un nouveau bateau par Philippe Casaubon (Arawak Charters), Matt Balège, représenté par son épouse (Caribbean Marines) et Takeshi (Funseaker). Absent sur la photo Captain Jo.

Face aux difficultés de la SNSM de Saint-Martin‭, ‬quatre entreprises locales‭ - ‬Arawak Charters‭, ‬Captain Jo‭, ‬Caribbean Marines et‭ ‬Funseaker‭ - ‬ont décidé d’apporter leur soutien pour contribuer au financement d’un nouveau bateau‭, ‬nécessaire à la poursuite des activités de la station‭. ‬Mercredi dernier‭, ‬ils ont remis un chèque de 10‭ ‬000‭ ‬€‭ ‬à la SNSM‭.‬

La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), association reconnue d’utilité publique, est placée sous l’autorité opérationnelle des préfets maritimes et des centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS). Elle intervient tout au long de l’année, de jour comme de nuit et par tous les temps, uniquement avec des équipages bénévoles. Son budget est financé à 73 % par des fonds privés et à 10 % par des fonds d’État. Les régions, départements et communes contribuent pour le solde, à hauteur de 50 % des investissements jugés indispensables, tels que les bateaux, participant ainsi au maintien en état d’équipements essentiels pour le sauvetage des vies humaines et la sécurité des sauveteurs. Ce fonctionnement repose sur un principe républicain de contribution des collectivités locales au renouvellement des moyens de sauvetage en mer.

Une station en danger

À Saint-Martin, la SNSM réalise une quinzaine d’interventions par an, ce qui en fait l’une des stations les plus actives des Antilles. En juillet 2025, Hélène Debruge, la présidente de la station locale, a alerté la Collectivité sur l’urgence de la situation ; l’actuel bateau, âgé de 32 ans, est arrivé en fin de vie et les réparations ont été stoppées car désormais trop onéreuses. En toute logique, elle a demandé à la Collectivité de débloquer 100 000 € pour permettre l’acquisition d’un semi-rigide de 10 m, tout équipé. Estimé à 450 000 €, le bateau sera par ailleurs financé par les dons et par l’État. Aujourd’hui, la Collectivité n’a toujours pas donné suite. Cette dépense ne semble pas prioritaire, alors que des événements éphémères, marchés locaux ou festivals bénéficient de budgets ou de subventions conséquents dont les montants suffiraient à financer le bateau.
Au niveau national, le sujet est devenu prioritaire pour la SNSM. À Paris, le dossier est évoqué en permanence au niveau de l’État, notamment auprès du cabinet du Premier ministre et du secrétariat général à la mer pour tenter de trouver des solutions.
Lors de sa dernière visite aux Antilles en mars, le président national de la SNSM, venu bénir la nouvelle vedette de la Guadeloupe et le nouveau semi-rigide de Saint-Barth (financé à hauteur de 100 000 € par la Collectivité, et de 100 000 € par la société Le Ponant), a indiqué que le bateau de Saint-Martin serait sorti d’ici la fin de l’année, mettant ainsi un terme à l’activité de la station. Lors de la réunion organisée à l’occasion de sa venue à Saint-Martin, un seul absent, le Président de la Collectivité.
Il n’y a visiblement pas de volonté politique d’entretenir les moyens nautiques sur l’île, alors que plusieurs bateaux sont concernés ; le bateau des douanes connaît de plus en plus d’avaries, tout comme celui de la brigade nautique et les sapeurs-pompiers n’ont plus de bateau opérationnel.
L’initiative des entreprises Arawak Charters, Captain Jo, Caribbean Marines et Funseaker, ayant chacune contribué à hauteur de 2 500 €, démontre la solidarité des gens de la mer, mais n’est pas suffisante.
Les entreprises donatrices, toutes concernées par leur activité, regrettent que la profession ne se mobilise pas davantage. Elles estiment que la SNSM souffre d’un manque de reconnaissance, malgré la multiplication des actions de sensibilisation. Pour la présidente, ce geste vise à démontrer à la Collectivité qu’il existe des mécènes, tout en soulignant la nécessité d’un engagement public. Le financement de la Collectivité demeure indispensable.

Ann Bouard