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Sandy Ground : les dossiers avancent lentement, les attentes demeurent

Par Ann Bouard
19 Août 2026

Plus qu’une célébration, la fête du quartier de Sandy Ground est la reconnaissance de toute une communauté. Mais, c’est aussi lors des discours officiels une joute oratoire entre les représentants et résidents du quartier et les élus. Cette année encore, lors des cinq allocutions du 15 août, il était question de l’avancement des projets, parfois en souffrance… comme une partie des habitants.

C’est Georges Richardson, président de l’association “Sandy Ground On the Move”, qui a débuté les discours en demandant aux autorités d’agir, notamment en matière d’énergie, s’inquiétant du Sandy Ground de demain pour les générations futures. Le député Frantz Gumbs a abordé des sujets plus larges tels que l’amélioration de la loi organique, la compétence environnement, l’hôpital… pour lesquels, admet-il, il faut une volonté politique mais aussi des moyens, contraints en raison de la dette nationale, mais aussi de la dette locale.

Cédric André, représentant du conseil de quartier n°6, est lui entré dans le vif du sujet reprochant à la Collectivité et à l’État de ne pas entendre les doléances transmises. Il estime qu’il faut trouver un système pour que les conseils de quartier soient écoutés, faute de quoi leur présence dans la loi organique n’a aucun sens. Il a également rappelé les besoins des associations pour gérer une jeunesse désœuvrée. Pour lui, la prévention passe par des actions permettant aux jeunes de se construire un avenir. Or, estime-t-il, ce sont les bénévoles associatifs qui assurent une grande partie de ce travail, et « aujourd’hui les associations sont à bout ». Il a également appelé à une prise de conscience face à la vague de délinquance qui a mis la population sous pression. « Il n’y a pas de question de classes ou de races quand il s’agit de la souffrance des gens », a-t-il lancé, appelant chacun à dépasser les intérêts individuels «pour que cette île redevienne comme avant».

Le point sur les projets en cours 

Après avoir salué la solidarité et la résilience des habitants, Louis Mussington a fait le point sur les investissements engagés par la Collectivité, tout en reconnaissant que certains projets n’étaient pas encore aussi avancés qu’il l’aurait souhaité. « Même si j’aurais voulu vous apporter des projets finalisés, le temps administratif n’est pas le temps politique », a-t-il expliqué avant de détailler les différents chantiers. Au stade Albéric Richard, les travaux de déblaiement et de nivellement sont réalisés à près de 80 %, la réfection complète de la clôture a démarré et l’installation des modulaires destinés aux vestiaires progresse. La seconde phase de travaux du plateau sportif, qui concerne la réalisation de sanitaires, l’installation de pare-ballons, la couverture des vestiaires et l’aménagement du parking est en préparation. Le président a par ailleurs assuré que les garde-corps qui auraient dû être installés entre les écoles Jérôme Beaupère et Aline Hanson et le pont de Sandy Ground le seront au plus tard en septembre. Des réfections de voirie sont également prévues ainsi que la pose de nouveaux ralentisseurs. Enfin, si la démolition de l’ancien bâtiment de la MJC a été réalisée, le projet est toujours en phase de conception. Louis Mussington, regrettant que les études traînent, a admis qu’il fallait s’attendre à ce qu’il y ait des retards.

Rendez-vous pour une seconde mandature

Le Président demeure optimiste quant au suivi des projets, indiquant que « Ce qui ne sera pas fait lors de cette première mandature le sera lors de la deuxième ». Sur les conseils de quartier, il s’est voulu très clair : « Oui, je vous ai entendus, oui, je vous ai compris ! ». Il a reconnu « l’urgente nécessité » de mieux les accompagner, estimant qu’il fallait multiplier les efforts et renforcer les échanges. En revanche, « il n’est pas question de les supprimer de la loi organique ».
Concernant la délinquance, il a dénoncé les épisodes récurrents où « quelques bandits cherchent à ternir l’image du quartier ». Ces « énergumènes ne représentent pas la majorité » et il demande à la population de se mobiliser pour dénoncer de tels faits. Par ailleurs, il a indiqué qu’il ne se déplacerait plus sur le terrain, comme il a pu le faire par le passé, afin de ne pas leur donner davantage de crédit.
Fabrice Thibier a conclu ces allocutions, précisant que face à l’ensemble de ces défis, l’État ne peut à lui seul apporter toutes les réponses. Il a toutefois rappelé que la réfection du réseau d’eau allait débuter, que des travaux étaient engagés sur la dépollution du lagon, que 4 500 personnes avaient été reçues à France Services l’an dernier et que l’État soutenait également le monde sportif en participant à la rénovation des infrastructures. C’est sûrement un peu trop lent, a-t-il reconnu, mais « les choses avancent ».   

Ann Bouard