Accéder au contenu principal

Drapeau de Saint-Martin : ce que veulent les Saint-Martinois

Par Ann Bouard
12 Août 2026

À‭ ‬l’issue de la consultation publique menée du 1er mai au 30‭ ‬juin‭, ‬on sait désormais ce que veulent les Saint-Martinois pour leur futur drapeau‭. ‬Valeurs‭, ‬couleurs‭, ‬symboles à privilégier ou au contraire à éviter‭ : ‬les grandes tendances ont été dévoilées lors de la restitution organisée le 10‭ ‬août dernier à la CCISM‭. ‬Une première étape franchie avant le lancement‭, ‬dès le lendemain‭, ‬du concours de création‭.‬

C’était à la population de réfléchir à ce futur emblème afin de combler ce vide institutionnel et de permettre à Saint-Martin d’avoir son propre drapeau, au même titre que les autres îles de la Caraïbe. La consultation a donc été menée à la fois dans les quartiers et en ligne, afin de permettre également aux Saint-Martinois vivant hors du territoire de participer. Au total, 425 personnes ont contribué : 128 lors des ateliers et 297 via le questionnaire en ligne.
Sept ateliers ont été organisés sous forme de « world cafés », avec des échanges en petits groupes autour de trois thèmes : l’identité de Saint-Martin, les symboles et les couleurs. Douze participants étaient présents à Quartier d’Orléans, sept à Grand Case, deux à Sandy Ground, quinze à Marigot, trente à Colombier et douze à la Mission Locale. Cinquante élèves de l’école Hervé Williams ont eux aussi participé aux ateliers.
Joy Carty, du cabinet qui accompagne la Collectivité dans sa démarche de création d’un drapeau territorial, a présenté dans le détail le bilan des différents ateliers dans les quartiers et ce qu’il est ressorti du questionnaire en ligne. 

De la couleur et du sens

Les valeurs citées spontanément dans tous les ateliers, la diversité et le multiculturalisme, arrivent en tête, et sont confirmées par 77 % des répondants en ligne. Suivent la résilience, portée par la mémoire d’Irma, puis l’unité. Cette dernière est cependant nuancée, car certains participants évoquent des personnes vivant sur le territoire sans vouloir s’approprier la culture, une valeur que les Saint-Martinois ne souhaitent pas perdre.
Concernant les symboles, le flamboyant est le seul à ne pas avoir suscité de retour négatif lors des ateliers. Il représente la résilience, la beauté, la fertilité, l’abondance de l’île. La mer et les plages sont également des symboles représentatifs du territoire. Quant au pélican, cité comme guide des pêcheurs, il a suscité des débats car il est déjà très utilisé par d’autres territoire. En dernier arrive « Soualiga, l’île au sel », pour représenter l’histoire économique du territoires. Mais, il y a des symboles que la population ne veut surtout pas voir figurer sur le drapeau :  iguane, singe, mangouste, Fort Louis, chaîne, colombe, machettes, animaux génériques ou les éléments figurant déjà sur l’Unity Flag.
Les couleurs sont en lien avec les symboles évoqués :  le bleu turquoise pour la mer, le ciel et la liberté, le vert tropical pour la nature, les collines et l’espoir, le jaune orangé pour le sable, le coucher de soleil et la chaleur de la population, le rouge orangé pour le flamboyant, la résilience et la force de la population. Mais il faudra faire un choix, car le souhait est qu’il n’y ait pas plus de trois couleurs sur le drapeau. Pour les créateurs, seront absolument à éviter le bleu, blanc, rouge associés au drapeau français, le bleu roi trop utilisé, les couleurs fluo, pour ne pas tomber dans un drapeau touristique qui ne serait pas pris au sérieux, ni un rouge trop agressif, le noir ou le blanc en couleurs dominantes.

Le concours de création est lancé

Le projet entre désormais dans sa deuxième phase avec l’ouverture le 11 août du concours de création. Il est accessible à tout le monde : artistes, graphistes, designers, professionnels comme amateurs (pour les mineurs, une autorisation parentale est requise). Il sera possible de participer individuellement, mais aussi en équipe, dans le cadre d’une classe, d’une association ou d’un groupe d’amis. Les candidats devront être résidents de Saint-Martin depuis au moins dix ans en continu ou appartenir à la diaspora saint-martinoise vivant hors du territoire.
Une seule proposition pourra être déposée par candidat ou par équipe. Toutes les données issues de la consultation devront être prises en compte, même si elles ne constituent pas véritablement un cahier des charges, mais plutôt une source d’inspiration. Un écart trop important avec les souhaits exprimés devra être justifié dans la note d’intention.
Les participants devront également prouver que leur création est bien issue de leur imagination et de leur talent et non pas dictée par une Intelligence Artificielle. C’est le jury qui sera chargé d’y veiller à plusieurs étapes du concours. Il sera composé de trois représentants institutionnels, un référent de la culture, un graphiste ou directeur artistique et un représentant des Conseils de quartier, tiré au sort … et d’un 7e votant, la population. Le mode de vote consultatif citoyen, prévu en octobre, reste à déterminer.
Le système de notation ne retiendra que les candidats ayant obtenu un minimum de 60 points et il ne pourra y avoir plus de dix finalistes. Toutes les propositions devront être remises avant le 30 septembre à midi.
Les trois meilleurs passeront individuellement un oral devant le jury pour défendre leur démarche créative (en visio pour ceux en dehors du territoire). Le drapeau retenu devra être validé juridiquement et adopté par le Conseil territorial pour une présentation officielle le 7 décembre.
Le rapport complet de la consultation, le cahier des charges, la grille de notation du jury, les pièces à fournir et les modalités de dépôt sont disponibles sur le site : www.mysaintmartinflag.com.      

Ann Bouard