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Agression à la Baie Orientale : 4 et 7 ans de prison ferme

Par Lise Gaeta
15 Juin 2026

La nuit du 18 au 19 mai 2024, trois femmes avaient été agressées à la Baie Orientale. Interpellés, deux des trois agresseurs ont été condamnés le 12 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Saint-Martin.

Quatre et sept ans de prison ferme, pour des faits de violences et d’agressions sexuelles, telles sont les peines prononcées lors de l’audience du 12 juin dernier. Après avoir retenu « l’extrême gravité » et « l’extrême violence » des faits commis, les juges ont condamné deux des trois agresseurs de la Baie Orientale, le troisième étant toujours recherché.

Un guet-apens sur la plage

Le 18 mai 2024, une soirée de musique électronique est organisée dans l’établissement le Boo Boo Jam, à l’extrémité nord de la plage de la Baie Orientale. Tapis dans les fourrés, trois hommes attendent le meilleur moment pour « voler » les passants. Les agresseurs évoquent devant le tribunal un moyen « de faire de l’argent facile ». 

Peu après minuit, Mme A remonte seule la plage lorsqu’elle est plaquée au sol par un premier individu. Puis un second les rejoint rapidement. Alors qu’elle appelle à l’aide, Mme B et Mme C accourent vers elle. D’abord témoins, elles deviennent à leur tour les cibles des assaillants. Les agresseurs comprennent alors que les deux femmes sont en couple, et s’ensuit alors un déchaînement de violence. Selon les déclarations concordantes des victimes, les hommes les menacent avec des armes, leur assènent des gifles et des coups de crosse au visage. Les femmes subissent également des attouchements et des gestes à caractère sexuel extrêmement violents. Les victimes se débattent et leurs bourreaux, n’arrivant pas à leurs fins, finissent par prendre la fuite avec plusieurs bijoux, un téléphone portable et de l’argent liquide. 

En état de choc, les trois femmes trouvent refuge au poste de secours de l’événement avant d’être entendues par les enquêteurs de la section de recherches. Versés à la procédure judiciaire, les examens médicaux mettent en évidence les stigmates de ces multiples agressions sur le corps des victimes. 

Une enquête relancée un an plus tard 

Après les faits, vient le temps des recherches. Pendant plus d’un an, les enquêteurs piétinent. Ils tentent de retracer le parcours des auteurs, en vain. ADN, téléphonie, vidéoprotection, rien ne permet d’identifier formellement les agresseurs. 

Mais en juin 2025, le dossier connaît un tournant. Un homme est interpellé dans le cadre d’une enquête pour un viol sous la menace d’une arme à Cul-de-Sac. Les forces de l’ordre effectuent alors des rapprochements entre les deux dossiers. Déjà condamné, le suspect porte un bracelet électronique. Les données GPS de celui-ci permettent alors de confirmer sa présence à la Baie Orientale la nuit du 18 au 19 mai 2024. 

Les relevés ont également montré qu’il se trouvait dans la végétation bordant la plage plusieurs heures avant l’agression, confortant l’hypothèse d’un guet-apens. Les investigations et les interrogatoires permettent ensuite d’identifier trois hommes. Au cours de l’audience, les deux prévenus appelés à la barre ont reconnu avoir été présents sur les lieux cette nuit-là tout en minimisant leur implication. Le tribunal a toutefois estimé que les déclarations des victimes, corroborées par les investigations des enquêteurs, établissent l’existence de violences et d’agressions sexuelles commises en réunion. Le procureur a dénoncé « une scène d’une violence inouïe » et souligné le traumatisme durable subi par les victimes.

Le premier prévenu a été déclaré coupable de faits de violences et condamné à quatre ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Le second, déjà incarcéré à Baie-Mahault et dont le profil a été qualifié de « particulièrement inquiétant et dangereux », a écopé de sept ans d’emprisonnement. Son maintien en détention a été ordonné. Le tribunal a également prononcé à son encontre une interdiction de détenir ou de porter une arme pendant cinq ans et a constaté son inscription au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles. Concernant les intérêts civils de l’une des victimes, le dossier a été renvoyé au 3 novembre 2026. Quant au troisième auteur présumé, toujours recherché dans le cadre d’un mandat d’arrêt, il n’a pas encore été jugé.   

Lise Gaeta