Plan de sauvegarde des reptiles
Dans les îles de Guadeloupe et de Saint-Martin, plusieurs espèces de reptiles endémiques sont aujourd’hui menacées d’extinction. Face à l’urgence, le Plan national d’actions (PNA) 2026-2031 a été déployé pour préserver ces espèces uniques au monde.
Considérées comme un « hotspot » de la biodiversité mondiale, les Caraïbes souffrent depuis de nombreuses années de perturbations anthropiques des écosystèmes. La cohabitation avec les activités humaines demeure difficile et engendre le déclin progressif de nombreuses espèces présentes sur ces îles. Un phénomène aggravé par le changement climatique.
Face à cette situation critique, le Plan national d’actions (PNA) 2026-2031 en faveur des scinques, couleuvres et geckos menacés de Guadeloupe et Saint-Martin développe une stratégie pour la conservation et la restauration de ces espèces ainsi que de leurs habitats. Coordonné par la DEAL Guadeloupe, ce dispositif réunit les services de l’État, des gestionnaires d’espaces naturels et des scientifiques. À Saint-Martin, l’îlet Tintamarre s’impose comme un point stratégique de ce dispositif car il abrite la seule population locale de Spondylurus powelli. Un lézard, observé sur des murets de pierre dans la partie ouest de l’îlet et dont la préservation reste complexe. En effet, sur ce petit territoire, seule la bande littorale est classée en réserve naturelle et bénéficie de la protection du Conservatoire du littoral. Le reste de l’îlet est composé de parcelles privées. Un véritable défi pour le PNA.
Les six espèces de reptiles concernées par ce plan sont toutes en déclin et pour certaines, en danger critique d’extinction. Ce dispositif vise alors à inverser la tendance. Pour cela, il est structuré autour de trois objectifs : limiter fortement et urgemment les menaces directes et indirectes qui pèsent sur ces populations ; sensibiliser et impliquer le grand public, les décideurs et les acteurs locaux pour permettre une appropriation de ces problématiques et encourager la mise en place de politiques publiques ; acquérir les connaissances nécessaires pour permettre de protéger efficacement ces espèces et leurs habitats. Au total, onze actions concrètes sont prévues par le PNA. Un enjeu crucial tandis que ces espèces sont souvent endémiques, c’est-à-dire localisées sur une aire restreinte. Leur disparition signifierait alors une perte irréversible pour le patrimoine naturel local et mondial.