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Six mois d’incertitude : la saison cyclonique est lancée !

Par Ann Bouard
1 Juin 2026

Officiellement ouverte le 1er juin‭, ‬la saison cyclonique va rythmer la vie des habitants des Antilles jusqu’au 30‭ ‬novembre‭, ‬au gré des ondes‭, ‬dépressions et tempêtes tropicales ou ouragans‮…‬‭ ‬Cette année s’annonce cependant moins active que les précédentes‭. ‬Mais l’histoire l’a démontré‭ : ‬ce n’est pas le nombre de phénomènes qui est à craindre‭, ‬mais l’intensité de celui qui touchera terre‮…‬‭ ‬et cela‭, ‬seule Dame Nature le décidera‭.‬

En ce début du mois de juin, il existe un consensus assez rare entre les principaux organismes de prévision cyclonique : la saison 2026 dans l’Atlantique devrait être proche de la normale, voire légèrement inférieure, contrairement aux saisons particulièrement actives observées ces dernières années. Selon Neil Jacobs, administrateur de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), il existe 55 % de chances d’une saison inférieure à la normale, 35 % d’une saison proche de la normale et seulement 10 % d’une saison plus intense que la moyenne.

Les différentes prévisions compilées évoquent globalement entre 6 et 16 tempêtes nommées, 3 à 9 ouragans et 1 à 4 ouragans majeurs, avec une majorité des modèles positionnés dans la partie basse de ces fourchettes.

Pourquoi une saison moins active ?

Selon les météorologues, cette activité cyclonique plus modérée s’expliquerait principalement par l’effet d’El Niño. Ce phénomène climatique, particulièrement intense cette année, influence directement la formation des cyclones et des ouragans dans les deux océans. Dans l’Atlantique, il va générer un cisaillement plus important des vents en altitude ainsi qu’un air plus sec, peu propices au développement des ouragans. À l’inverse, dans le Pacifique, la saison pourrait s’avérer particulièrement active. Les experts estiment d’ailleurs que cet épisode d’El Niño pourrait être l’un des plus puissants observés depuis plus d’un siècle. Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme évoque même la possibilité d’un « Super El Niño ». Malgré des prévisions globalement rassurantes, plusieurs signaux préoccupants poussent toutefois les spécialistes à appeler les populations à la vigilance et à la préparation.

Vigilance pour les Antilles

Météo-France Antilles a notamment souligné que la saison cyclonique 2025 s’était révélée bien en dessous de la moyenne des vingt dernières années, avec une absence remarquée de systèmes durant le pic statistique de début septembre. Pourtant, le ratio d’ouragans majeurs par rapport au nombre total de phénomènes observés a été particulièrement élevé. L’exemple le plus marquant reste l’ouragan Melissa, qui avait ravagé la Jamaïque avec des vents avoisinant les 300 km/h. La saison 2025 rappelle ainsi que des statistiques globalement faibles peuvent masquer des 
réalités locales catastrophiques.

Les études récentes montrent en effet que le réchauffement climatique favorise des pluies plus intenses, des phénomènes d’intensification rapide plus fréquents ainsi qu’une proportion potentiellement plus élevée de phénomènes très puissants. La mer des Caraïbes, dont les températures de surface oscillent entre 27,5°C et 30°C, constitue désormais un réservoir d’énergie particulièrement favorable au renforcement des ouragans de catégories 4 ou 5.

Selon le Centre régional du climat des Caraïbes (CariCOF), cette chaleur persistante dans l’Atlantique tropical pourrait également favoriser des épisodes météorologiques extrêmes dans plusieurs secteurs de la Caraïbe, avec des risques accrus de fortes pluies, d’inondations soudaines, mais aussi de sécheresse prolongée dans certaines îles des Petites Antilles.

Comme toujours, les prévisions saisonnières comportent une part importante d’incertitude. Une saison globalement moins active ne signifie donc pas que l’Arc antillais sera épargné par un phénomène majeur. Comme le rappellent régulièrement les prévisionnistes : un seul ouragan suffit à bouleverser durablement un territoire. 

Ann Bouard