Orientations budgétaires 2026
Le Conseil territorial du 13 février dernier s’est ouvert sur la présentation du rapport sur les orientations budgétaires 2026. Une étape importante qui, s’il fixe le cap politique, financier et stratégique pour l’année à venir, a cependant un caractère provisoire, comme l’a rappelé le Président Mussington dans son discours d’introduction.
Les chiffres de 2025 sont en effet à analyser avec prudence car nombre de régularisations restent à rattacher en recette, environ 30 M€, et environ 6 M€ en dépenses ; ce qui donne un caractère incertain à ces prévisions. Le budget définitif sera voté en juin.
Louis Mussington a toutefois souligné plusieurs signaux positifs, notamment la maîtrise de la masse salariale, un pilotage plus stratégique des dépenses, et un endettement jugé soutenable, renforcé par l’emprunt de 30 M€ qui a permis de sécuriser la trésorerie et l’investissement. Pour 2026, l’objectif affiché est clair : maintenir un fonds de roulement proche de 40 M€ afin de garantir la stabilité financière et la capacité d’action de la Collectivité. Les projets structurants (médiathèque, collèges, voirie, éclairage public, vidéoprotection) demeurent au cœur des priorités de la mandature.
Un rapport à prendre avec des pincettes
Ce rapport s’inscrit dans un contexte économique international et national incertain, marqué par un ralentissement de la croissance, des tensions géopolitiques persistantes, une inflation encore sous surveillance et des marges budgétaires contraintes pour les collectivités. À Saint-Martin, la situation reste fragile en raison d’un coût de la vie élevé, d’un chômage structurel important et d’une forte dépendance au tourisme. Face à ce contexte, la Collectivité adopte une stratégie de prudence et de priorisation. Les dépenses de fonctionnement devraient diminuer en 2026, avec un effort particulier sur les charges générales et une stabilisation de la masse salariale. Les recettes restent globalement stables, sans hausse d’impôts, afin de préserver le pouvoir d’achat des habitants. Malgré une épargne nette sous tension, la Collectivité maintient un niveau d’investissement élevé, rendu possible notamment par un emprunt de 30 M€ contracté dans des conditions favorables. Pour 2026, l’investissement sera strictement ciblé et priorisé, autour de deux axes politiques majeurs : la transition écologique et la transition sociale, tout en veillant à la soutenabilité financière à moyen terme. L’objectif est ambitieux mais réaliste selon le président.
La lecture du rapport par les membres de l’opposition est cependant autre. Ils soulignent que les projets déjà annoncés en 2025 ont été initiés par la précédente mandature et certains peinent encore à se concrétiser. Aucun nouveau projet d’envergure n’a été lancé depuis, a souligné Marie-Dominique Ramphort (Team Gibbs). Elle a notamment rappelé que l’opposition alerte depuis le début de la mandature sur certaines initiatives (dont Air Antilles) et que l’analyse qui en a été faite est aujourd’hui confirmée par le dernier rapport de la Chambre territoriale des comptes… et fait par ailleurs l’objet d’enquêtes à l’encontre du Président. Jules Charville, se dit lui étonné que les avis de l’opposition, mais aussi ceux du Conseil Économique, Culturel et Social ne soient pas pris en compte.
Bonnes résolutions ou vœux pieux ?
C’est la question de l’opposition à la lecture du plan pluriannuel d’investissement. Certains indicateurs permettent cependant de noter certains efforts de gestion : les dépenses réelles de fonctionnement qui avaient connu une nette augmentation entre 2022 (135,8 M€) et 2025 (164,25 M€), sont provisionnées à hauteur de 161,5 M€ pour 2026, dont 35 M€ de charges à caractère général, 64 M€ de charges de personnel, 19,4 M€ de dépenses d’aide sociale (poste en hausse), 1,1 M€ de charges financières et 2 M€ de charges spécifiques et 40 M€ d’autres charges de gestion courantes (subventions). Les recettes fiscales sont quant à elles estimées à 150 M€ pour 2026 (149,5 en 2025).
Enfin les dépenses d’investissement sont passées de 23,2 M€ en 2022 à 70 M€ en 2025, et devaient être de l’ordre de 67 M€ en 2026 pour des recettes estimées à 69 M€ (dotation et fonds divers, subventions et … emprunt !). Jules Charville a alerté lors de ce Conseil territorial sur les risques liés à l’endettement, qui peuvent mettre la Collectivité dans le rouge - un nouveau prêt de 10 M€ étant envisagé - notamment à terme sur les possibilités d’autofinancement. Le seuil d’alarme est entre 10 et 12 ans ; il est à près de 8 ans actuellement.
Parmi les autres points abordés lors de ce conseil territorial, la vente de la parcelle située à Griselle à la famille Webster et l’actualisation et mise en conformité de l’adressage sur le territoire, sur lesquels nous reviendrons dans notre prochaine édition.