Air Antilles : toujours dans le flou
La décision du tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre, très attendue ce jeudi 23 avril, a une nouvelle fois été reportée et sera rendue lundi 27 avril. Si la reprise est acceptée certaines zones d’ombres demeurent quant à l’avenir de la compagnie.
Le tribunal décidera donc lundi prochain s’il accepte la reprise d’Air Antilles par le groupe Pewen, porté par le docteur Pierre Sainte-Luce. Dans une interview accordée à la chaîne Canal 10, à l’issue de l’audience de jeudi Maître Beaujour, l’avocat de Pierre Sainte-Luce, a précisé que celle-ci reposait sur une refonte complète du fonctionnement d’Air Antilles afin d’éviter de reproduire les dysfonctionnements ou erreurs du passé. La proposition prévoit un développement de partenariats avec un certain nombre de transporteurs ; un partenariat avec Air Calédonie, qui dispose d’un ATR à louer, et une réflexion avec Sunrise Airways (compagnie haïtienne) sont entre autres envisagés. L’avocat a également indiqué une réduction des coûts (incluant l’annulation des dettes estimées à plus de 50 M€), puis une reprise de l’activité par paliers, avec une « montée en charge » pour assurer à la fois la connectivité des îles du Nord avec la Guadeloupe, mais éventuellement avec d’autres îles. Si cette reprise est effective, même en cas de reprise, l’activité ne pourrait pas reprendre selon lui avant l’automne, le temps de récupérer les autorisations de vol.
Quant au devenir du personnel, l’idée est « de reprendre le personnel au fur et à mesure des besoins et en fonction du développement de la compagnie ». En clair, si le repreneur estime avoir besoin de 40 personnes à l’automne prochain, le personnel disposant de qualification sera repris au fur et à mesure, sans préciser clairement ce qu’il adviendra des autres. Selon certaines sources, plus d’une centaine seraient licenciés, sur un effectif de 117 salariés.
Autre zone d’ombre révélée par nos confrères de Guadeloupe la 1re, Maître Beaujour, avocat du repreneur s’est vu attribuer le 18 mars 2026, sans publicité, ni mise en concurrence préalable, le marché public lancé par la Collectivité pour une «mission d’accompagnement juridique de la collectivité de Saint-Martin, dans le cadre de la restructuration de la SEM Air Antilles» pour un montant de 40 000 €. Sachant que la Collectivité est par ailleurs actionnaire majoritaire d’Air Antilles… tout cela peut laisser perplexe. Si l’on parle beaucoup dans les médias de la reprise par Pierre Sainte-Luce, il ne faut pas en oublier pour autant que deux autres repreneurs sont également toujours en course, Guyane Express Fly et R Plane 9. Le tribunal devra donc trancher entre trois propositions.