Mobilisation contre les violences dans le sport
Débutées la semaine dernière à Saint-Martin, avant de se poursuivre à Saint-Barthélemy, les journées d’action dédiées à la prévention, du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles dans les écoles et les clubs sportifs du territoire ont été menées conjointement par le Comité Territorial Olympique et Sportif de Saint-Barthélemy et Saint-Martin (CTOS) et la Ligue de Football de Saint-Martin (SMFA), en partenariat avec l’association Colosse aux pieds d’argile. Une nécessité longtemps occultée.
Cette mobilisation s’inscrit pleinement dans les missions sociales du CTOS, dont l’objectif est de sensibiliser, prévenir et protéger les plus jeunes contre toutes les formes de violence, tout en accompagnant les adultes – éducateurs, dirigeants, bénévoles et parents – dans leur rôle de vigilance et de protection.
Reconnue d’utilité publique depuis 2020 et agréée par l’Éducation nationale, l’association Colosse aux pieds d’argile est aujourd’hui considérée comme la structure de référence dans la prévention des violences en milieu sportif. Forte d’une équipe de 35 professionnels, elle intervient désormais dans tous les environnements où l’enfant est présent, dans l’Hexagone comme dans les Outre-mer. Dans les îles du Nord, cette mission de prévention et de formation a été assurée par Charline Tyré et Axel Ribera.
Une réunion publique pour comprendre
Après une formation certifiante pour les éducateurs sportifs de la Ligue de Football de Saint-Martin, mais aussi pour l’ensemble des clubs sportifs, et des journées de sensibilisation dans les écoles, c’était vendredi dernier au tour d’un public plus large de prendre conscience du problème lors d’une réunion publique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à l’échelon national en 2023, 710 signalements ont été adressés à la cellule nationale Signal-Sports. Parmi eux, 377 personnes ont été mises en cause, dont 293 éducateurs sportifs et 15 agents publics. À noter que dans 94% des cas, les agresseurs sont des proches. 11,2 % des athlètes français auraient subi des violences sexuelles soit un sur dix ! Et sur le territoire ? Mieux vaut prévenir que guérir.
L’objectif de l’association Colosse aux pieds d’argile était d’apporter des outils concrets aux adultes souvent en première ligne face aux jeunes, mais parfois démunis face à des situations complexes.
La prévention passe par la capacité à repérer les signaux d’alerte, à comprendre les limites, à nommer les violences, à connaître le cadre légal, à écouter les victimes et à les orienter vers des adultes de confiance et des dispositifs adaptés.
PARLER est le maître mot
Le sport et les lieux de pratique doivent en effet rester des espaces de protection et de confiance, où la parole peut être accueillie, et non des lieux de silence. Pour les jeunes, les interventions rappellent avant tout qu’ils ont des droits, qu’ils ne sont jamais responsables des violences subies, et que des adultes ressources existent autour d’eux. La violence peut traverser tous les milieux et toutes les sphères de la société, mais il est nécessaire d’en parler pour la combattre. Toutes les heures, un mineur est violé et on estime à 165 000 le nombre d’enfants qui subissent des violences sexuelles dans ce pays développé qu’est la France ! Il est important de libérer la parole, pour que les victimes ne s’enferment pas dans la culpabilité et la honte, que celle-ci change de camps, pour éviter un mal-être physique et mental. Une victime sur deux, agressée dans l’enfance, tente de se suicider ! Les adultes doivent apprendre à recevoir la parole et en cas de doute contacter le 119, la gendarmerie ou la plateforme d’alerte de Colosse aux pieds d’argile.