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Mission Locale : Raphaël Sanchez reconduit à la présidence pour trois ans

Par Ann Bouard
28 July 2025

Réélu pour un nouveau mandat‭, ‬Raphaël Sanchez reste à la tête de la Mission Locale de Saint-Martin‭. ‬Dans un contexte parfois tendu‭, ‬qu’il décrit comme marqué par des tentatives de déstabilisation‭, ‬il dit assumer cette reconduction avec‭ ‬‮«‬‭ ‬un profond sens des responsabilités‭ ‬‮»‬‭. ‬L’occasion de revenir sur les grands axes de travail mené depuis 2022‭, ‬mais aussi sur les nombreux projets pour les trois années à‭ ‬venir‭.

Sur le territoire national, les Missions Locales ont développé depuis 1982 un mode d’intervention global au service des jeunes avec la prise en compte de l’ensemble des freins à leur insertion dans tous les domaines : emploi, formation, orientation, mobilité, logement, santé, accès à la culture et aux loisirs. Par le biais d’actions ciblées, elles visent à redonner à chacun l’estime de soi, à prendre en main son quotidien et au final trouver un emploi. À Saint-Martin, la déshérence d’une partie de la jeunesse du territoire n’est pas un fait nouveau et tout l’enjeu est de concevoir des actions qui soient adaptées aux réalités locales pour réussir à canaliser ces jeunes.

Justice et insertion 

Depuis sa création il y a trois ans, la Mission Locale de Saint-Martin a accompagné plus de 1 300 jeunes, dont 714 sur l’année 2024, via des dispositifs comme le Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) ou le PACEA, destinés à ceux qui n’ont ni emploi, ni diplôme ou qui décrochent. Un accompagnement spécifique est aussi proposé aux jeunes en rupture ou sous-main de justice, en lien avec la Mission Locale et les centres pénitentiaires de Guadeloupe. Une convention va être signée avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) pour permettre aux jeunes éligibles à un aménagement de peine (avec bracelet électronique) d’être désormais suivis localement. Une première expérience est actuellement menée avec un jeune, libéré depuis deux mois. Il participe activement à tous les ateliers, s’intègre bien et débutera le mois prochain un stage dans une boulangerie. Des partenariats avec des entreprises sont déjà en place pour accompagner ce type de parcours, c’est là la clé de la réussite, mais pas que. Pour Raphaël Sanchez, il est nécessaire d’aller dans les quartiers, vers les jeunes éloignés de la société. Des petits-déjeuners étaient d’ores et déjà organisés, mais son souhait est de renforcer ce programme « aller-vers ». D’ici la fin de l’année, un camion aménagé avec deux bureaux sera mis en circulation pour rencontrer ces jeunes dits «invisibles» et les inciter à pousser la porte de la Mission Locale. Les plannings sont déjà élaborés et seront partagés entre conseillers, chargés de projets, partenaires et associations. En effet, les partenariats avec les structures locales, que ce soit la Collectivité, France Travail, les entreprises ou les associations, sont essentiels pour la réussite à l’insertion pour tous les jeunes inscrits dans le dispositif.

Multiplier les actions

C’est la multiplication des actions mises en place qui permettront d’insérer dans l’emploi un maximum de jeunes. Mais au-delà des propositions de métiers, quelque peu imposées, l’idée est également de leur permettre de choisir et pourquoi pas de créer leur propre activité. C’est ce qui pourrait être proposé, en partenariat avec l’ADIE et Initiative Saint-Martin, aux 12 jeunes formés actuellement aux métiers du numérique au Canada à leur retour le mois prochain.
Le programme Mangrove, qui accompagne 20 jeunes, devrait lui accueillir 20 nouveaux stagiaires dès la prochaine saison. À l’automne, ce sont quatre jeunes qui partiront à Saint-Étienne pour se former aux métiers de canalisateurs, puis en 2026 d’autres rejoindront eux aussi l’Académie de la SAUR pour se former aux métiers de l’eau. Reste encore à concrétiser l’embauche d’une petite dizaine de jeunes au centre d’appel de la SEMSAMAR, dont on attend l’ouverture officielle.
En attendant, les jeunes de la Mission Locale seront à pied d’œuvre tout l’été sur le plateau sportif de Sandy Ground ou lors des ateliers créatifs proposés, en partenariat avec l’association Madtwoz Family depuis jeudi et jusqu’au 31 août prochain. Ils pourront s’initier à la création d’une fresque murale ou apprendre les rudiments de la menuiserie pour fabriquer du mobilier ou des objets de décoration en bois. 

Un diagnostic et une charte pour la jeunesse

Une nouvelle feuille de route sera lancée à la rentrée. Elle prévoit des ateliers culturels et patrimoniaux : découverte de l’histoire locale, visites d’ateliers artisanaux, activités avec la Réserve Naturelle, immersion dans le jardin rasta à Bellevue… L’idée est de sortir les jeunes du cadre habituel pour favoriser leur épanouissement et leur estime de soi.
À la rentrée, la Mission Locale présentera ses actions lors de la réunion du Réseau pour l’Emploi (RPE) organisée par la préfecture. Elle lancera à cette occasion les Assises de la jeunesse. Un diagnostic sera mené durant six mois, pour identifier les besoins des jeunes et ceux des entreprises. Il devrait déboucher sur une charte locale de la jeunesse, destinée à clarifier l’ensemble des aides, dispositifs et formations disponibles sur le territoire. Objectif : rendre lisible ce qui, aujourd’hui, peut sembler flou en raison du nombre important d’acteurs et d’associations.

Mutualiser les aides

Le Fonds d’aide aux jeunes, financé par la Collectivité et désormais transféré à la Mission Locale, permettra de soutenir ceux qui n’ont pas de caution pour leur logement ou qui ont besoin d’un coup de pouce pour passer leur permis. Ce levier est essentiel pour favoriser leur insertion. Le budget annuel de la Mission Locale était en 2024 de 990 000 €, financé par la Collectivité et l’État. L’organisation est pilotée par les élus locaux. Raphaël Sanchez poursuivra sa mission aux côtés d’un bureau reconduit : Martine Beldor (vice-présidente), Audrey Gil (trésorière) et Jonas Toussaint (secrétaire). 

Ann Bouard