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Eaux de baignade : 75% des sites à Saint-Martin classés en excellente qualité

Par Ann Bouard
04 August 2025

Comme chaque année‭, ‬l’Agence Régionale de Santé‭ (‬ARS‭) ‬de Guadeloupe‭, ‬Saint-Martin et Saint-Barthélemy a publié son bilan du contrôle sanitaire des eaux de baignade‭. ‬Sur l’ensemble de l’archipel‭, ‬89,5‭ % ‬des sites affichent une qualité satisfaisante‭, ‬voire excellente‭. ‬Un bilan en amélioration‭, ‬même si quelques zones‭, ‬notamment à Saint-Martin‭, ‬voient leur classement reculer‭.‬

La qualité des eaux de baignade en France, qu’elles soient situées en métropole ou en outre-mer, est encadrée par une directive européenne depuis 2006. Cette directive vise avant tout à protéger la santé des baigneurs, en imposant une amélioration continue de la qualité des eaux et la mise en œuvre de mesures de gestion adaptées, notamment par la réduction ou la suppression des sources de pollution. 2 000 prélèvements ont été réalisés dans tout l’archipel guadeloupéen et les îles du Nord, entre octobre 2023 et septembre 2024, sur 129 sites, dont 12 à Saint-Martin. 
Il en résulte un bilan positif : 89,5 % des sites de baignade de l’archipel présentent une eau de qualité excellente, bonne ou suffisante, contre 86 % en 2023. Seuls 7 % des sites affichent une qualité insuffisante – un recul encourageant comparé aux 11% de l’année précédente. 

Un protocole strict de surveillance

Chaque site doit faire l’objet d’au moins quatre prélèvements par saison. Les échantillons sont analysés par un laboratoire agréé par le ministère de la Santé. La qualité des eaux de baignade est ensuite évaluée selon deux modalités : la qualification de chaque prélèvement individuel, puis le classement global du site en fin de saison, fondé sur les résultats des quatre dernières années.
Les analyses visent à  détecter deux marqueurs de contamination fécale : Escherichia coli et entérocoques intestinaux. Ces germes, même à faible concentration, indiquent la présence possible d’autres agents pathogènes. En complément, un contrôle visuel systématique est effectué (déchets flottants, pollution visible).
Une eau de mauvaise qualité peut contenir des polluants chimiques ou des micro-organismes pathogènes (virus, bactéries, amibes), qui sont responsables d’affections telles que conjonctivites, otites, sinusites, ou gastro-entérites. En cas de dépassement des seuils réglementaires, la Collectivité doit prendre les mesures pour restreindre la baignade. 
À Saint-Martin, 163 prélèvements ont été réalisés sur la saison 2024. 

À Saint-Martin, deux sites rétrogradés

Sur les douze sites suivis, l’île conserve une qualité globalement très satisfaisante, même si deux sites, jusqu’ici classés en «excellente qualité», rétrogradent en « bonne qualité » : la Baie Orientale (pointe nord) et Grand Case. Neuf conservent leur rang d’excellence : Baie Longue, Baie aux Prunes, Anse Marcel, Baie Rouge et Petite Plage à Grand Case. Un site n’est pas classé, l’îlet Pinel, faute d’un nombre suffisant de prélèvements sur quatre ans. À noter cependant que les prélèvements réalisés cette année indiquaient une eau de baignade excellente.
En effet, les premiers prélèvements dans le cadre de la saison 2025 confirment pour l’instant cette tendance générale, bien que certains signaux appellent à la vigilance : Friar’s Bay, historiquement en excellente qualité, a présenté deux résultats moyens sur dix prélèvements effectués cette année. À la Baie Orientale (côté Mont Vernon toujours), l’eau reste de bonne qualité, mais le prélèvement du 18 juin était jugé moyen. Côté sud de la même baie, tous les résultats sont bons.
Sur les 13 sites surveillés à Saint-Barthélemy, 69 % affichent une qualité excellente et 31 % une qualité bonne. Une très bonne performance, malgré une dégradation entre 2023 et 2024 : quatre sites sont désormais classés « bonne qualité », contre un seul l’année précédente.
Si la qualité microbiologique est en progression, reste à savoir si les fortes invasions de sargasses sur les littoraux n’auront pas d’impact sur la qualité des eaux en fin de saison. En l’absence de lien direct avec les bactéries mesurées, leur effet pourrait toutefois influer sur l’agrément des baignades et la perception des usagers. L’ARS rappelle que ces résultats doivent être systématiquement affichés en mairie et sur les sites de baignade concernés.
Pour suivre l’état des eaux en temps réel : baignades.sante.gouv.fr 

Ann Bouard