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2025, année record pour les saisies de stupéfiants dans la Caraïbe

Par Ann Bouard
23 January 2026

La zone des Antilles et de la Caraïbe est aujourd’hui identifiée comme un point important du trafic international de cocaïne‭, ‬notamment à destination du marché européen‭. ‬Plusieurs analyses et rapports officiels confirment que les cargaisons en provenance d’Amérique du Sud transitent par la mer des Caraïbes‭, ‬faisant de la région une zone logistique stratégique pour l’acheminement mondial de stupéfiants‭.‬

Selon le bilan annuel communiqué par les Forces armées aux Antilles (FAA), 35,7 tonnes de stupéfiants ont été interceptées lors des dix opérations menées en 2025, contre un peu plus de 28 tonnes en 2024, qui constituait déjà une année record. Dans le détail, les saisies portent sur 31,8 tonnes de cocaïne et 3,9 tonnes de cannabis. Les interceptions ont été réalisées dans un espace maritime particulièrement vaste, la « zone Antilles », qui couvre environ 138 000 km², incluant l’ensemble de la mer des Caraïbes et une large partie de l’océan Atlantique.

Une autoroute vers l’Europe

Les FAA indiquent que les cargaisons de stupéfiants proviennent majoritairement d’Amérique du Sud et empruntent différentes routes maritimes passant par la Caraïbe avant de se diriger vers l’Europe ou l’Amérique du Nord. Les Antilles françaises et la Guyane sont ainsi devenues des zones de transit et de rebond, en particulier pour la cocaïne destinée au marché européen.
Pour le transport, les organisations criminelles utilisent aussi bien des embarcations rapides de type “go-fast”, capables de remonter rapidement l’arc antillais, que des navires plus lents mais à forte capacité d’emport, comme des bateaux de pêche, des voiliers ou des porte-conteneurs.
Pour surveiller et intercepter les trafiquants, les Forces armées aux Antilles disposent de quatre bâtiments, de deux hélicoptères de la Marine nationale et d’un avion de patrouille. Ces moyens sont déployés dans le cadre de l’action de l’État en mer, sous l’autorité du préfet de Martinique et du commandant supérieur des FAA qui valident les opérations sur la base des renseignements fournis par l’OFAST (Office anti-stupéfiants) et la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières.

Interpellations‭ ‬et suites judiciaires

Une soixantaine de personnes ont été interpellées par les autorités françaises. Les procédures sont suivies par la Juridiction interrégionale spécialisée de Fort-de-France (JIRS), compétente en matière de criminalité organisée. Selon le parquet de Fort-de-France, des peines de six à sept ans de prison ont déjà été prononcées lors de comparutions immédiates, notamment à l’encontre de trafiquants arrêtés à bord de navires transportant de la cocaïne.
Lors de la présentation de ses vœux en janvier dernier, le commandant supérieur des Forces armées aux Antilles, le contre-amiral Jean-Baptiste Soubrier, a salué l’engagement et le professionnalisme des unités mobilisées, rappelant que la lutte contre le narcotrafic repose sur une action coordonnée et durable entre les forces armées et les autres services de l’État, mais aussi sur une collaboration avec d’autres pays, notamment les États-Unis, la Colombie, la République dominicaine, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas.
Le bilan 2025 confirme que le trafic sur la zone Antilles s’intensifie et que les trafiquants sont très réactifs pour trouver des alternatives et passer entre les mailles du filet.

Ann Bouard