Aide Sociale à l’Enfance : un espoir d’amélioration
Les agents de l’Aide sociale à l’Enfance (ASE) se sont rendus à la Collectivité le 19 décembre pour faire part de leurs inquiétudes. Audrey Gil, conseillère territoriale en charge de la santé, qui estime la situation très préoccupante, a interrogé le jour même lors du conseil territorial le président Louis Mussington sur l’avancement des négociations, et les pistes envisagées pour remédier à la situation.
Stuyvesant Lewis, DGA par intérim de la délégation Solidarité Santé Familles, évoquant notre article paru le 12 décembre, a indiqué qu’il fallait prendre la mesure des choses, notamment en ce qui concerne les procédures liées aux signalements et les conditions de travail des agents. La protection de l’enfance est un secteur sous très forte pression. Pour preuve, 323 mesures d’assistance éducative à domicile traitées en 2024 et 89 jeunes placés actuellement en accueil familial pour une capacité de 44 assistants familiaux dont huit sur le territoire de la Guadeloupe. En conséquence, le service est très contraint, avec trois dispositifs seulement : l’ASE, la Cellule de recueil des informations préoccupantes et l’adoption. L’enjeux ? la sécurité des jeunes placés.
Des besoins organisationnels, structurels, matériels
Concernant les conditions de travail du personnel socio-éducatif et administratif, la charge est particulièrement lourde au regard du nombre de mesures à traiter. À cela s’ajoute l’évolution des obligations, nécessitant la production d’un nombre croissant de rapports, rendant les modalités d’accompagnement de plus en plus complexes.
Les assistants familiaux, qui accueillent les enfants de manière permanente, se retrouvent avec des cas de plus en plus lourds, notamment avec des problématiques comportementales ou psychologiques. Les conditions de préparation et d’accueil ne sont donc pas optimales.
La Collectivité s’était engagée sur une augmentation des effectifs. À ce jour, le service compte une dizaine de travailleurs sociaux et deux psychologues. Quatre embauches sont envisagées et pour améliorer la qualité du suivi des conditions d’accueil, un psychologue et un éducateur devraient également être recrutés. Aucune formation n’ayant été dispensée depuis trois ans, une formation initiale devrait être organisée en 2026, avec la difficulté en raison des contraintes administratives, d’agréer un centre sur le territoire. Un renforcement des moyens bureautiques est également envisagé afin de faciliter les échanges avec les familles.
La création d’une maison d’enfance à caractère social ou d’un Institut social et éducatif médico-adapté, pour les prises en charge de jeunes ayant des problèmes psychologiques ont été abordés et ces structures semblent être désormais indispensables sur le territoire pour que l’accueil des enfants ne soit plus concentré uniquement sur l’accueil familial.
Il y a urgence et les solutions doivent être apportées en 2026. Dès le mois prochain, un audit des risques psychosociaux sera lancé, à la fois pour le personnel socio-éducatif et pour les assistants familiaux. Pas de réactions des élus sur ce point, mais ces solutions sont encore soumises aux moyens financiers disponibles.