Un budget supplémentaire de 108 M€
Un conseil territorial en plein mois d’août est une chose rare. Est-ce cette période peu propice, ou une marque de désapprobation de la part de l’opposition, toujours est-il que les sièges étaient clairsemés jeudi. Seuls étaient présents Jules Charville et Mélissa Nicolas-Rembotte. La Team Gibbs et Angeline Laurence absentes, n’ont par ailleurs pas donné procuration pour prendre part aux votes des délibérations à l’ordre du jour : l’affectation du résultat de l’exercice 2024, le budget supplémentaire et le recours à l’emprunt.
Le compte de gestion 2024, approuvé le 26 juin dernier, affichait un résultat de clôture de la section de fonctionnement d’un montant de 49 196 286,04 €. Le compte d’investissement ayant pour sa part un résultat négatif, les élus ont approuvé à la majorité l’affectation de 19 M€ sur ledit compte. Le résultat excédentaire restant de 30 697 321,87 € sera lui affecté à la section « recettes de fonctionnement » sur le budget supplémentaire 2025.

Recours à l’emprunt
Ce budget supplémentaire, voté en cours d’année, permet de faire des ajustements et de valider un certain nombre de projets supplémentaires. Pour 2025 il s’élève à 108 223 012, 74 €, incluant l’affectation du résultat 2024 (les 19 M€ alloués à la section d’investissement et les 30,6 M€ affectés aux recettes de fonctionnement) auquel s’ajoute deux emprunts.
Le premier d’un montant de 20 M€ sera contracté auprès de la Banque des Territoires : une partie servira à financier le programme d’investissement de l’EEASM, amortie sur 30 ans, et une seconde partie sera dédiée aux collèges 900 et 600, et sur 40 ans. Le second emprunt, de 10 M€, sera souscrit auprès de l’Agence Française de développement.
Le capital dû par la Collectivité étant sur une courbe descendante, les ratios sont bons pour emprunter. C’est en tout cas ce qu’indiquent les services financiers qui jugent nécessaire de financer partiellement par l’emprunt les opérations d’investissement afin de préserver la capacité d’autofinancement de la Collectivité. Ils vont permettre en outre de payer les entreprises, notamment du BTP, pour qu’elles terminent les travaux en cours des grosses infrastructures. Le fait de payer va permettre en outre de pouvoir justifier les dépenses et ainsi débloquer les subventions dues par l’État.
Rationalisation des dépenses publiques
La présentation de ce budget supplémentaire a soulevé cependant des remarques, notamment de la part du CESC qui s’interroge sur la mise en place d’une véritable politique de rationalisation des dépenses publiques, Jules Charville sur le gouffre d’Air Antilles désormais passé sous silence ou Mélissa Rembotte sur l’aspect mystérieux de certaines lignes budgétaires comme les « prestations de services pour 19M€. Des remarques jugées légitimes par le service financier, qui se retranche vers un manque de communication. Cependant de premières réponses quant à la gestion des finances publiques ont été apportées par la directrice générale des services, Natacha Pétrine.
Elle indique que la qualité comptable du budget a été prise à bras le corps et que dès septembre un groupe de travail composé d’élus va suivre avec ses services la mise en application des recommandations de la Chambre territoriale des Comptes. Par ailleurs un service, dont la mission sera d’optimiser les dépenses et recettes afin de rechercher des pistes d’économie, est en cours d’organisation. Sur la chaîne des dépenses, un premier signal fort a été envoyé aux entreprises avec la dématérialisation des factures, afin de revenir au règlement à 30 jours. Enfin, elle a indiqué qu’un travail est actuellement en cours sur un préfinancement des subventions avec l’Agence Française de Développement pour pouvoir les récupérer dans des délais plus courts.
Le président Mussington a indiqué souhaiter un vote du prochain budget 2026 dès le mois de janvier afin entre autres de pouvoir verser les subventions aux associations dans des délais plus raisonnables.
Le détail des lignes budgétaires dans notre prochaine édition.