Les vœux du préfet Cyrille Le Vély
Le 20 décembre dernier, le préfet s’est lui aussi conformé aux traditionnels vœux, un exercice qu’il juge nécessaire et utile, mais qu’il a souhaité réaliser en sortant du modèle bilan et perspectives. Cyrille le Vély se dit en effet dans la continuité, car chaque dossier traité concerne la vie quotidienne de tous et ne s’arrête pas à date.
Bien entendu, certains sujets s’imposent d’eux-mêmes et auront cette année encore toute l’attention ou le soutien des services de l’État : traitement des déchets, problématique de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie, la prévention des risques naturels, la construction de logements, mais aussi, le développement de la pêche et de l’agriculture, pour une moindre dépendance des importations, la souveraineté alimentaire étant un axe fort souhaité par le gouvernement. Nous sommes donc bien dans la continuité de 2025… et certains dossiers verront enfin leur avènement comme la cité judiciaire et administrative. Seize nouveaux fonctionnaires ont d’ores et déjà été recrutés pour renforcer les effectifs sur des sujets jusque-là traités en Guadeloupe et qui le seront désormais sur le territoire.
L’installation de tous les services devrait être effective d’ici la fin de l’année… tout comme le tribunal de plein exercice et l’installation d’un établissement pénitencier. Mais au-delà de ces dossiers d’actualité, on retiendra des projets qui sortent un peu des sentiers battus et qui tirent leur essence de trois constats, issus de ses observations depuis son arrivée, il y a presque un an.
Saint-Martin, une terre d’histoire et de culture
Si on enseigne « nos ancêtres les Gaulois » aux enfants de l’Hexagone, nul Taïnos des Grandes Antilles ou Kalinagos des petites Antilles pour les enfants des îles. L’histoire de ces peuples, bien que lointaine, a façonné la réalité d’aujourd’hui et de nombreux parallèles peuvent être faits ne serait-ce que les mouvements de population. Ces premiers Antillais ont laissé une large empreinte et de nombreux héritages dans les sociétés créoles contemporaines. Mais l’histoire des îles a également été marquée par les différentes conquêtes, par les États, par les grandes firmes nationales qui ont délimité les règles du commerce… tout ce substrat se retrouve aujourd’hui encore avec des suprématies sur certaines infrastructures. Pour Cyrille Le Vély, c’est une nécessité de prendre en compte cette histoire et de l’expliquer aujourd’hui aux plus jeunes générations.
C’est ainsi qu’il a proposé au Président Mussington de créer une « commission mémorielle » pour objectiver le lien entre la France, dont il est le représentant et l’histoire de Saint-Martin. Elle serait basée sur l’implication de bénévoles qui documenteraient la manière dont l’île s’est construite au fil des siècles, pour tirer les enseignements du passé, gommer certains clivages et expliquer les relations sociales ou l’organisation politique et administrative, telles qu’elles est aujourd’hui. Cela pourrait se concrétiser lors d’événements tels que le 11 novembre.
Une coopération régionale accrue
Pour le Préfet, le corollaire de ce premier constat est la nécessité d’une coopération régionale accrue. Dans le contexte géopolitique actuel, les petits états ont en effet tout intérêt à se regrouper pour mieux se faire entendre. C’est ainsi que c’est construits l’Europe, c’est ainsi que la Caraïbe doit se mobiliser pour retrouver l’identité qu’elle avait autrefois et pour être plus forte en considérant ses problématiques et en mutualisant les solutions possibles.
Le Yin et le Yang
Le troisième constat concerne la nécessité d’un « État fort », certes à sa place, mais aux côtés de la population. Cette présence qui ne s’exerce pas uniquement sur les missions régaliennes réalisées par les différents services, garantit le respect des lois dans l’intérêt collectif. Le partenariat avec la Collectivité est également essentiel… c’est en quelque sorte le Yin et le Yang, qui font que les choses avancent grâce à un travail quotidien commun. 2027, célèbrera les dix ans du passage dévastateur d’Irma. Pour Cyrille Le Vély, si l’on ne peut effacer cet épisode douloureux, on peut en faire disparaître les stigmates. 2026 sera donc une année décisive car certains projets vont contribuer à retrouver l’attractivité touristique, l’achèvement des collèges, de la médiathèque, de la cité administrative et judiciaire avant la fin de l’année signeront la fin de la reconstruction et comme un nouveau départ.
Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le dossier de la sécurité, qui fera l’objet d’un point de la Préfecture dès le début du mois de février.