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Les vœux du député pour 2026

Par Ann Bouard
12 January 2026

C’est le député Frantz Gumbs qui a débuté les cérémonies officielles des vœux vendredi dernier, en présence du Président de la Collectivité, du Préfet et de tout ce que le territoire compte d’élus et de personnalités socio-économiques.

Si les campagnes électorales n’ont pas encore officiellement débuté, les échéances à venir se rapprochent et les discours politiques laissent déjà transparaître, de manière plus ou moins assumée, certaines perspectives. Le député n’échappe pas à la règle et a entamé son discours par l’évocation des prochaines élections. Mais, quant à savoir s’il sera à nouveau candidat au poste de député, il a laissé planer le doute, indiquant que 2026 est aussi l’année des élections sénatoriales… trait d’humour ou velléités de troquer le siège de l’Assemblée nationale pour une place au Sénat ? « Je pense simplement pouvoir dire que dans nos démocraties très vivantes, il est préférable d’éviter les candidatures uniques » a-t-il simplement indiqué.
Quant à la projection dans le futur, au regard des événements qui se sont déroulés depuis 2024, il n’a pas mâché ses mots quant à ce qui caractérise actuellement la sphère politique hexagonale : inaction, incertitude, instabilité ou encore intolérance, outrance et arrogance. Faisant référence également à l’accélération brutale de l’histoire du monde qui s’est manifestée à Caracas, il estime qu’il est désormais plus difficile d’imaginer le meilleur des mondes, même si pour l’instant les îles du Nord ont réussi à constituer des îlots de paix.

Préserver des équilibres fragiles

Dans ce contexte instable, et dans un monde en agitation constante, le député a insisté sur la nécessité de préserver ces havres de paix, relatifs cependant, car les problèmes existent. Au quotidien, cela se traduit par l’état des routes, la circulation, l’éclairage public. À plus long terme, il a évoqué d’autres problèmes, imprévisibles comme les aléas climatiques, mais aussi la dépendance du territoire en matière alimentaire, énergétique ou encore de communication interne et externe, soulignant l’importance d’anticiper ces fragilités afin de protéger les populations et une économie qui doit bénéficier au plus grand nombre. 
Rappelant que la Collectivité, quels que soient ses moyens et sa volonté, ne peut répondre seule à l’ensemble de ces enjeux, Frantz Gumbs a réaffirmé sa volonté de poursuivre le travail engagé aux côtés de la sénatrice, notamment sur les questions de santé, d’éducation, de justice, de sécurité, de mouvements migratoires et de continuité territoriale. Plusieurs dossiers ont connu des avancées, comme la mise en place d’une préfecture de plein exercice ou la création d’un groupement de gendarmerie, même si les moyens humains, en particulier dans le domaine de la justice, restent à consolider, comme l’a rappelé le rapport d’enquête sur les dysfonctionnements de la justice dans les outre-mer, commission qu’il présidait. 

Priorité à la santé, la justice et l’éducation 

Pour Frantz Gumbs, d’autres sujets doivent faire l’objet d’une attention soutenue, comme la santé, car l’hôpital de Saint-Martin est en souffrance, n’ayant pas de direction stable depuis trop longtemps, une situation budgétaire très dégradée et une gestion des ressources humaines tendue. Le député a regretté que les rumeurs et polémiques prennent parfois le pas sur l’essentiel, à savoir l’accès aux soins pour la population, rappelant que l’établissement « devrait être un hôpital de référence pour la sous-région» et que « les nombreux juges qui siègent sur Facebook et qui condamnent à mort », doivent laisser les institutions officielles et les médias reconnus faire leur travail. L’éducation constitue un autre axe de son engagement, et il a toujours à cœur de faciliter les mutations directes sur Saint-Martin, sans passer par la case Guadeloupe pour tous les enseignants. 
Mais il en convient, les dossiers portés sont un éternel recommencement en raison de l’instabilité du gouvernement par ailleurs confronté à une Assemblée nationale morcelée et radicalisée à ses extrêmes et un Parlement incapable de voter un budget. C’est dans ce contexte dense et compliqué qu’il a formulé ses vœux, ses souhaits et ses espoirs, dont celui de savoir « anticiper les lendemains de nos enfants ». La cérémonie s’est conclue par la distribution de son bilan 2025 qui détaille l’ensemble des sujets évoqués.
La sénatrice Annick Pétrus a fait le choix cette année de passer outre cette traditionnelle cérémonie des vœux, préférant attendre le mois de mars prochain pour présenter elle aussi son bilan.   

Ann Bouard