Le garde des sceaux annonce une politique pénale renforcée
Gérald Darmanin, à Saint-Martin vendredi, a officialisé lors de sa visite de la future Cité administrative et judiciaire (CITAJ) la création du tribunal judiciaire de plein exercice et confirmé la construction d’une prison de 60 places sur le territoire. A Saint-Barthélemy samedi, à l’issue d’une réunion sur le narcotrafic, il a annoncé la création d’un poste de juge d’instruction et d’un substitut du procureur compétent pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy, dès septembre 2026.
Gérald Darmanin, a débuté son séjour dans les Antilles par les îles du Nord. à Saint-Martin vendredi, il a indiqué être dans la continuité de son travail entrepris au ministère de l’Intérieur, où il avait initié la création de la préfecture de plein exercice de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. L’objectif de son déplacement dans les Antilles, et plus particulièrement à Saint-Martin était de « renforcer considérablement l’action de l’État» car estime-t-il « les Saint-Martinois en ont bien besoin ! ».
Un tribunal étoffé d’ici un an
La création d’un tribunal de plein exercice est une chose assez rare, le dernier datant de 1970. Celui de Saint-Martin devrait être effectif à la rentrée judiciaire de 2026. Il sera doté de moyens supplémentaires en termes de greffiers et accompagnants de détenus, mais aussi de magistrats. Avec déjà la nomination d’un juge d’application des peines en septembre 2025, le tribunal va donc être étoffé, notamment dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, avec un juge d’instruction qui devrait être nommé en septembre 2026 et d’un substitut du procureur. En parallèle, Gérald Darmanin a rappelé que ce projet devait « s’accompagner d’une politique carcérale, qui manque ici à Saint-Martin afin de renforcer la justice locale et mieux accompagner les détenus du territoire dans leur réinsertion ».
Une maison d’arrêt d’ici deux ans
Selon le ministre de la justice, une soixantaine de Saint-Martinois sont actuellement détenus en Guadeloupe. La création d’une maison d’arrêt de 60 places sur le territoire permettrait de limiter la surpopulation carcérale à Basse-Terre, d’améliorer la réinsertion des détenus Saint-Martinois, et de faciliter les visites pour les familles.
Construite sur le modèle des prisons modulaires, jugées tout aussi solides, plus rapides à construire et moins onéreuses, elle devrait accueillir d’ici deux ans, les Saint-Martinois en détention provisoire et ceux condamnés à des peines d’emprisonnement de moins de deux ans. Quant au lieu retenu, si Gérald Darmanin pensait qu’elle serait à proximité de la CITAJ, Louis Mussington a indiqué que la Collectivité mettra en effet le foncier à disposition de l’État mais que la future prison serait « à quelques kilomètres » sans toutefois préciser où exactement.
Priorité à la lutte contre le narcotrafic
Samedi, à Saint-Barthélemy où il présidait une réunion consacrée à la lutte contre le narcotrafic à laquelle assistaient les chefs de cours et de juridiction, les magistrats et les forces de l’ordre, le ministre a alerté sur la multiplication des réseaux criminels et le fait que la zone des Antilles est désormais une zone de transit importante, notamment pour la cocaïne. « Nous avons de grosses organisations criminelles qui utilisent les frontières, la mer évidemment, et parfois les transbordements. On doit lutter contre cette logistique de la drogue ; ça se fait avec les forces armées, ça se fait évidemment avec des renforts de moyens qui arriveront en Martinique et en Guadeloupe, et j’espère à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy » a-t-il indiqué. Il a également insisté sur l’importance des coopérations inter-régionales, les services de renseignement des autres îles de la Caraïbe et pour Saint-Martin avec la partie hollandaise. La lutte contre le blanchiment d’argent figure également dans la liste des priorités. Les contrôles pour lutter contre les points de deal seront par ailleurs renforcés et une nouvelle politique pénale sera mise en place. Depuis 15 ans aucune circulaire de politique pénale n’avait été publiée. Ce sera chose faite pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy afin que le parquet dispose d’une feuille de route dans la lutte contre le narcotrafic et contre les consommateurs.
Gérald Darmanin demande donc à ce que les moyens des services spécialisés soient renforcés mais également à ce que les agents des douanes et des finances publiques se mobilisent pour contrôler les flux financiers suspects.