Droit de Réponse de Mélissa Nicolas-Rembotte Conseillère Territoriale
L'article « Explications sur Air Antilles », où l'insinuation tient lieu d'analyse, relaie à mon sujet des sous-entendus tendancieux, voire insultants — y compris pour le journalisme lui-même.
Vendredi 3 octobre, j'ai quitté la salle du Conseil territorial par principe, après plus d'une heure d'attente, fidèle à une position que j'avais déjà exprimée en conseil territorial. Ce départ devait d'ailleurs s'inscrire dans un mouvement collégial dès 9h45, pour marquer une position partagée face à ces dérives récurrentes — et non être un acte isolé.
Lundi 6 octobre, j'ai voté en faveur du prêt à Air Antilles, non pas pour répondre à quelque « savante orchestration », mais pour éviter une liquidation judiciaire immédiate qui aurait condamné la compagnie, les emplois, et surtout l'image de Saint-Martin, à un moment où l'aéroport de Grand-Case revendique une dynamique retrouvée grâce à Air Antilles, et où les autres collectivités antillaises semblent (enfin) vouloir se mobiliser pour préserver la continuité territoriale régionale.
Si l'objet du débat avait été la gestion de la SEM Air Antilles, ma position aurait été différente : j'ai toujours exprimé mes réserves sur la manière dont cette reprise a été conduite par la majorité élue, ces réserves restent inchangées.
Pour autant, lundi dernier, j'ai refusé d'ajouter la rupture au désordre. Le contexte national illustre suffisamment combien l'instabilité et les postures politiciennes fragilisent la crédibilité publique et nourrissent la défiance citoyenne.
Mon vote n'était donc ni politique, ni électoraliste ; j'ai pris une décision difficile, à contre-courant du brouhaha, mais fidèle, selon moi, à l'intérêt supérieur de Saint-Martin.
En accordant ce sursis, j'ai préféré le bénéfice du doute d'un possible redressement à la certitude d'un effondrement immédiat. À l'exécutif et à l'équipe dirigeante désormais d'assumer leurs choix et de faire un usage rigoureux de cette dernière chance.
Parce que, dans un climat tendu et biaisé à l'excès, je n'ai pas pris soin de clarifier suffisamment ma position en séance - ce que je regrette - je peux comprendre l'étonnement, le questionnement (auquel je reste disponible pour répondre) et même les analyses courtes, sauf lorsque malveillantes et/ou diffamatoires.
Pour ma part, je continuerai à voter en mon âme et conscience, avec liberté, responsabilité et loyauté envers Saint-Martin, en m'efforçant de ne pas confondre opposition et obstruction.
L'indépendance n'est pas un défaut, c'est une exigence, même solitaire.
Mélissa Nicolas-Rembotte