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Trois questions à Gabriele Fioni, recteur de la région Académique

Par Ann Bouard
15 September 2025

Le nouveau recteur de l’Académie de Guadeloupe, Gabriele Fioni, était en déplacement sur les îles du Nord, jeudi et vendredi derniers avec un programme des plus chargés entre visites de terrain et réunions avec les Présidents des Collectivités de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

Sur le territoire, il a choisi d’aller à la rencontre des élèves et des enseignants du collège 600 de Quartier d’Orléans et de visiter le chantier du futur collège 900. 

Pourquoi avoir choisi, parmi tous les établissements, le collège Roche Gravée de Moho ?
Si j’ai accepté d’être recteur en Guadeloupe, c’est parce que j’avais demandé d’aller sur un territoire avec de forts enjeux pour avant tout préparer les garçons et les filles qui vont bâtir le monde de demain. Les rencontrer et échanger avec eux est pour moi essentiel, et c’est toujours un moment enrichissant. Il faut essayer de leur faire comprendre que nous sommes là, que leurs professeurs sont là et surtout rendre réel le rêve républicain en donnant une chance à tous. À Quartier d’Orléans, la mission de l’Éducation nationale trouve tout son sens. On doit accompagner les élèves, souvent aider les familles, et pour moi c’est essentiel d’être avec le personnel qui agit ici et constater de manière extrêmement concrète et tangible de quoi ils ont besoin et si les moyens suffisent. 

Les moyens sont-ils adaptés aux spécificités de Saint-Martin ? 
Dans un collège en cours de construction, il s’agissait en effet de voir les conditions matérielles et éventuellement de me faire l’interprète auprès de la Collectivité, qui fait déjà énormément d’efforts et que je remercie sincèrement. Mais, on doit regarder ensemble comment on peut avancer, encore mieux, dans la finalisation de cet énorme chantier. Sur les besoins même, en rencontrant les personnels, on s’aperçoit par exemple que dans ce collège il faudrait un infirmier à temps complet. Sur l’ensemble des moyens, on module déjà énormément. Le dispositif REP +, mis en place à Quartier d’Orléans, signifie que l’on a beaucoup plus de professeurs par élève, plus de personnel. Nous avons cette possibilité de moduler nos moyens et nos actions en fonction des exigences éducatives.

Est-ce que des suppressions de classes sont envisagées ?
Il ne faut pas oublier que la Guadeloupe est dans le trio de tête du taux d’encadrement le plus élevé. Par rapport à l’Hexagone, l’Académie dispose de 30% de plus de professeurs par élève. Mais, effectivement, il y a des endroits où l’on fermera des classes parce qu’il y a une baisse conséquente des effectifs. En une dizaine d’années, nous avons perdu plus de 10 000 élèves. Pour cette rentrée, la région académique compte 1600 élèves de moins. Mais à Saint-Martin, les effectifs sont assez stables.
Ces modulations nous permettent aussi d’ouvrir des classes. Tout le monde parle des fermetures, mais jamais des ouvertures. On ouvre des classes ! Cette année j’ai pris la décision d’ouvrir des classes dans des établissements où les effectifs étaient quasiment constants, et où l’on sait qu’il y a un besoin éducatif plus fort. 

Ann Bouard