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La sécurité dans les écoles prise très au sérieux

Par Ann Bouard
15 September 2025

Une réunion d’état-major de sécurité réunissant l’État, l’Éducation nationale, le parquet, la gendarmerie et la Collectivité s’est déroulée vendredi dernier dans la droite ligne des directives du ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et du ministre de l’Intérieur. L’objectif en cette rentrée est de mieux coordonner les services pour assurer la sécurité des enseignants et des élèves.

Si les chiffres relatifs aux faits de violence demeurent assez faibles sur le territoire, ils connaissent malgré tout une courbe ascendante : 46 cas ont été enregistrés aux abords des établissements sur l’année scolaire 2024-2025, contre 30 l’année précédente. Plus grave, deux étaient avec arme. Quinze jours à peine après la rentrée scolaire, deux cas de violence se sont déjà produits, dont un la semaine dernière où un professeur a été frappé en intervenant dans une bagarre. À cela s’ajoutent les vols (18 cas), les menaces (9 cas) et le harcèlement scolaire (8 cas). Tout l’objet de ces réunions, qui seront organisées périodiquement, est de mettre en place des mesures, quand il en est encore temps, pour protéger à la fois les élèves et le corps enseignant.

Tolérance zéro

Pour le Préfet Cyrille Le Vély, il est impératif en effet de prendre de bonnes habitudes dès la rentrée. L’évolution sociétale nécessite cependant une implication plus forte des personnels enseignants. Des consignes seront données pour détecter en amont les signes avant-coureurs de tensions, qui peuvent dégénérer. Un point de vue suivi par le recteur de l’Académie, Gabriele Fioni, car l’école doit rester un sanctuaire, sans violence ; celle-ci empêche de remplir la mission première de l’école, éduquer. Le vice-recteur, Harry Christophe de son côté a assuré que la sensibilisation des enseignants, des élèves, mais aussi des parents sera une priorité. Une campagne d’information sera d’ailleurs diffusée en ce sens sur les radios, notamment sur l’utilisation des scooters, l’une des causes principales de violence. 
Il faut en quelque sorte étouffer la violence dans l’œuf, car le parquet note une légère hausse de la délinquance des mineurs sur le territoire (75% des infractions constatées le sont au collège). Ce sera donc aux enseignants de repérer les comportements « anormaux », afin que tous les services puissent agir avant que cela ne dérape. La prise en charge globale des élèves avant d’en arriver à la répression est souhaitée par Dominique Louisy, 3e vice-présidente de la Collectivité, qui estime que des actions favorisant la cohésion élèves-enseignants pourraient améliorer le climat au sein des établissements scolaires.

Des mesures concrètes

Les mesures d’ores et déjà en place perdureront. Ce sera le cas pour les fouilles des sacs à l’entrée des établissements, les contrôles aléatoires de la gendarmerie au sein des établissements, les patrouilles des médiateurs de la Collectivité devant les établissements, appuyées par des rondes de la police territoriale, des contrôleurs de bus assermentés et des équipes mobiles de sécurité de l’Éducation nationale (trois sont à Saint-Martin sur les 10 existantes sur l’Académie).
De nouvelles mesures viendront renforcer ces dispositifs, comme la formation des enseignants pour une meilleure prévention des affrontements et une remontée systématique des informations. Toute détention d’arme devra être signalée au procureur. Afin de responsabiliser les jeunes, ils passeront devant un conseil de discipline, en présence des parents, et des sanctions seront appliquées par l’Éducation Nationale. Mais, il y aura  également une réponse pénale, qui pourra se concrétiser pour une première infraction, par un stage avec la protection judiciaire de la jeunesse. Chaque auteur de faits sera suivi afin d’éviter la récidive. Pour Xavier Sicot, procureur de la République, il est nécessaire de protéger également les enseignants, et il les encourage à déposer plainte systématiquement en cas de violences, qu’elles soient verbales, physiques ou qu’il s’agisse de dégradations. Une prise en charge globale, y compris juridique si besoin, sera accordée d’office par l’Académie aux enseignants ayant subi des violences.
Par ailleurs, un travail sera mené entre les différentes institutions pour notamment proposer des activités aux jeunes lors de la pause méridienne, particulièrement propice aux débordements.

La culture de l’apaisement qui était de mise jusqu’à présent n’est plus d’actualité, et il est désormais nécessaire de lutter contre ce laisser-aller progressif. La sécurité n’est pas un effet de mode, elle est devenue une exigence et si les mesures ne sont prises dès à présent, on se retrouvera tous en train de pleurer derrière un cercueil, a conclu le recteur.
En octobre aura lieu la restitution des Assises de la Jeunesse, avec un calendrier d’actions et de moyens.                             A.B

Ann Bouard