Fanny Giausseran, Inspectrice de l’Éducation Nationale
Rencontre avec Fanny Giausseran, qui a récemment pris ses fonctions d’Inspectrice de l’Éducation nationale (IEN) sur l’île. Après un riche parcours, elle partage sa vision pour le territoire.
Quel est le rôle d’une inspectrice de l’Éducation Nationale ?
Mon rôle consiste à veiller à la mise en œuvre des politiques éducatives nationales, académiques et territoriales sur l’ensemble de la circonscription du premier degré, c’est-à-dire les écoles maternelles et élémentaires, qu’elles soient publiques ou privées sous contrat. Contrairement à une idée reçue, l’inspection n’est pas uniquement un contrôle négatif. C’est avant tout un accompagnement des enseignants pour identifier leurs besoins et les aider à progresser. Je travaille en équipe avec des conseillers pédagogiques et des chargés de mission, en lien étroit avec les collectivités locales, le rectorat et les directions d’école, notamment dans le cadre du Projet Éducatif Territorial. À Saint-Martin, je supervise environ 4 000 élèves, de la toute petite section au CM2.
Quel parcours vous a menée à ce poste ?
Je viens de Lille, et suis inspectrice depuis cinq ans maintenant. J’ai d’abord été enseignante du premier degré, notamment en classes spécialisées, et je me suis beaucoup investie dans les projets pour les élèves en difficulté et l’inclusion scolaire. Cette expérience m’a naturellement conduite vers des fonctions de conseillère pédagogique. C’est après avoir été repérée lors d’inspections que l’on m’a proposé de passer le concours d’IEN (Inspecteur de l’Éducation Nationale). Mon affectation à Saint-Martin est un choix mûrement réfléchi, motivé par ma découverte de l’Outre-mer et mon intérêt profond pour le plurilinguisme.
Quels sont les défis spécifiques à Saint-Martin ?
Le contexte plurilingue est à la fois une richesse et un défi majeur. Il est essentiel de valoriser et respecter les langues familiales et locales, tout en renforçant la maîtrise du français. Actuellement, nos résultats sont en deçà de la moyenne nationale, mais je refuse les clichés selon lesquels l’Outre-mer aurait un niveau inférieur. La France dans son ensemble est en retard sur certains indicateurs internationaux. Ma volonté est ainsi de mettre en avant la richesse du plurilinguisme comme un véritable atout et d’accompagner nos élèves vers la réussite.
Quels projets mettez-vous en place pour répondre à ces défis ?
Nous sommes en train de déployer un Pôle d’Appui à la Scolarité, le PAS, qui est expérimental et innovant au niveau national. Il travaille en lien avec le médico-social et complète notre pôle ressources RASED (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté).
Nous renforçons également notre équipe de psychologues et d’enseignants spécialisés. En tant qu’inspectrice, ma responsabilité porte sur plusieurs milliers d’élèves, ce qui me donne l’opportunité d’avoir un impact bien plus large que lorsque j’étais enseignante. L’objectif est clair : assurer la réussite et l’épanouissement de tous nos élèves en engageant l’ensemble de la communauté éducative.