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SNSM : des vœux en forme d’appel

Par Ann Bouard
15 Janvier 2026

Le 8 janvier, les Sauveteurs en mer de Saint-Martin étaient réunis pour fêter ensemble le passage à cette nouvelle année. Hélène Debruge, présidente de la SNSM depuis juillet 2025, a dressé son premier bilan, certes sur six mois, mais a également profité de cette cérémonie des vœux pour appeler les autorités publiques à soutenir la station et la population à s’investir aux côtés des bénévoles.

Pour la Présidente, la station a depuis six mois pris un nouvel élan : plusieurs formations ont été organisées pour assurer la montée en compétence des bénévoles, l’agrément en secourisme a été renouvelé, le nombre de bénévoles a augmenté et les exercices et entraînements sont désormais mensuels. Mais le nerf de la guerre, et en l’occurrence indispensable pour les sauveteurs en mer, est l’appui financier. Si plusieurs partenaires comme l’établissement portuaire, EDEIS ou Delta Petroleum apportent leur concours chaque année et si les particuliers ont contribué à hauteur de 10 000 € de dons en 2025, cela ne suffit pas pour assurer la gestion de la station. Qui dit sauvetage en mer, dit moyens nautiques. Or, la SNSM dispose d’une vedette de plus de trente ans, plusieurs fois endommagée notamment par les cyclones, et dont l’entretien est aujourd’hui extrêmement coûteux. Le second bateau, un semi-rigide qui ne devait être que provisoire en attente du remplacement de la frégate, connaît lui aussi de nombreuses avaries.
À Saint-Barthélemy, la Collectivité a mis la main à la poche pour participer à l’achat d’un nouveau bateau, à hauteur de 200 000 €. Le Président national de la SNSM, l’amiral Emmanuel de Oliveira, sera d’ailleurs en visite sur le territoire le 7 mars prochain pour bénir ce nouveau bateau, mais aussi pour rencontrer le Préfet Cyrille Le Vély et le Président Mussington, car du côté de la Collectivité de Saint-Martin, il n’en est pas de même en ce qui concerne le soutien financier. Pourtant, lors de sa visite à la SNSM le 7 janvier, le député Frantz Gumbs avait pu prendre toute la mesure des difficultés, indiquant : « la frégate de sauvetage est aujourd’hui opérationnelle, mais sa vétusté est bien réelle, ce qui pose à terme la question de la sécurité des équipages et de l’efficacité des missions. Soutenir la SNSM, c’est soutenir un service vital pour nos territoires insulaires et littoraux » et d’ajouter «elle fait face à un manque de moyens financiers qui fragilise ses capacités d’intervention, de formation et de renouvellement du matériel ».
Si en 2025 le nombre d’interventions a été faible, seulement douze, rien ne prédit que ce soit le cas à l’avenir et les moyens nautiques sont indispensables pour porter secours aux personnes en difficulté en mer.

Des bénévoles à l’honneur

Sur la quarantaine de bénévoles que compte la station (dont 30 opérationnels en intervention), plusieurs ont été mis à l’honneur lors de cette soirée. Ce fut le cas de Gilles Dubroca, patron de station, et Denis Falcone, équipier, aujourd’hui voguant tous deux dans d’autres eaux, qui ont reçu l’insigne d’honneur pour services rendus à la SNSM. 
Deux nouveaux patrons ont été nommés, Matt Balege et Luc Meykuchel, sous l’œil bienveillant d’Anke, la patronne de station. Ils sont désormais six patrons ! Enfin, neuf bénévoles, à l’issue de leur formation et de leur période probatoire de six mois, sont désormais opérationnels pour les interventions. 
Mais les sauveteurs en mer, qui ne fonctionnent que sur le principe du bénévolat, ont toujours besoin de nouvelles recrues. La plupart de ceux qui s’investissent actuellement à Saint-Martin, sont actifs et doivent jongler entre temps de travail et bénévolat. La Présidente lance un appel aux jeunes retraités, qui auraient un peu plus de temps pour s’impliquer dans la vie de la station, mais aussi aux jeunes Saint-Martinois qui souhaitent découvrir le monde de la mer… On peut débuter en observant, aider à hauteur de ses compétences, et pourquoi pas ensuite s’engager progressivement. Les missions sont exigeantes, nécessitent du sérieux et peuvent être difficiles, mais la satisfaction d’avoir participé à sauver des vies est incommensurable.   

Ann Bouard