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Point d’étape avec l’Agence régionale de santé

Par Ann Bouard
9 Octobre 2026
Crédit photo : Ann Bouard

Pour sa 3e visite sur le territoire‭, ‬Philippe Luccioni-Michaux‭, ‬directeur de l’Agence régionale de santé de la Guadeloupe‭, ‬de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin‭ (‬ARS‭), ‬s’est‭, ‬comme à chacune de ses venues‭, ‬prêté au jeu de la rencontre avec les journalistes‭, ‬en présence de Paul Guibert‭, ‬directeur territorial‭. ‬À‭ ‬l’ordre du‭ ‬
jour‭ : ‬la qualité de l’eau‭, ‬la modernisation de l’hôpital‭, ‬l’offre de soins et le Groupement hospitalier de territoire‭ (‬GHT‭) ‬des‭ ‬Îles du Nord‭.‬

Eau : surveillance permanente

Saint-Martin peut se vanter d’avoir des eaux de baignade excellentes, tout du moins sur les plages déclarées par la Collectivité qui font l’objet de prélèvements mensuels (Baie aux Prunes, Baie Longue, Baie Rouge, Friar’s Bay, Grand Case, Petite Plage, Anse Marcel, Baie Orientale nord et sud, Baie de l’embouchure nord et sud). Le directeur de l’ARS recommande à la population de privilégier ces sites car les contrôles effectués sont un gage de sécurité. L’îlet Pinel n’est pas classé en raison d’un nombre de prélèvements insuffisant, lié notamment à son accessibilité. En 2025, 159 prélèvements ont été réalisés et sont désormais analysés dans un laboratoire à Baie-Mahault, ce qui réduit les délais. La qualité de l’eau dans les piscines à usage public (hôtels ou résidences importantes) est elle aussi analysée.
Reste ensuite l’eau de consommation courante. Un contrôle par mois est fait dans les unités de production de la SAUR, qui pratique elle aussi ses propres autocontrôles. Globalement, sur l’ensemble du territoire la qualité est satisfaisante. Cependant deux cas de légionélose, ayant entraîné le décès de deux personnes, l’un en 2023 et le second cette année, ont été recensés dans une copropriété à la Baie Nettlé. Toute la difficulté est d’identifier sur le réseau d’eau l’endroit où l’eau pourrait stagner et favoriser le développement de la bactérie, ce à quoi s’emploie le syndic de copropriété actuellement.

Hôpital : modernisation de l’existant

L’arrivée du nouveau directeur le 15 juillet a permis de débuter un travail de fond et pour Philippe Luccioni-Michaux, le climat social est aujourd’hui apaisé. Patrick Lambruschini a en effet rencontré les organisations syndicales et un quart des équipes parmi les quelque 400 employés que compte le centre hospitalier. Reste maintenant à améliorer les conditions de travail pour les équipes, d’accueil pour les patients. 
Le contentieux concernant les marchés de travaux destinés à l’extension de l’hôpital n’étant toujours pas réglé (plusieurs marchés ayant été résiliés par le tribunal administratif en 2024 en raison d’irrégularités dans leur attribution), il a été décidé d’abandonner le projet de construction et de privilégier la rénovation de l’hôpital qui a été bien pensé, mais souffre aujourd’hui de vétusté. 6 M€ de travaux vont être engagés sur les deux années à venir. Ils concerneront essentiellement les réseaux techniques, les circuits de circulation et la sécurisation du service de psychiatrie avec l’installation de nouvelles caméras de surveillance, mais également la réorganisation des espaces ouverts ou fermés et l’ouverture de lits dédiés aux adolescents en lien avec la Maison des adolescents.

Une offre de soins adossée au GHT

La mission du directeur est de stabiliser l’hôpital également sur l’offre de soins. L’hôpital doit proposer des soins en corrélation avec les attentes de la population, en partie vieillissante. Un nouvel ophtalmologue devrait pouvoir désormais traiter, entre autres, la cataracte, et la présence de spécialistes pourrait s’intensifier en s’appuyant sur le GHT de Guadeloupe. Une circulaire ministérielle du 29 juillet 2026 incite en effet à le renforcer.
Les manques et le plan d’action possible vont donc être examinés d’ici la fin de l’année pour une mise en place en 2027. Saint-Martin viendra appuyer le développement des soins à Saint-Barthélemy et le GHT de Guadeloupe appuiera de son côté le centre hospitalier Louis Constant Fleming. En clair, les plus grosses structures mettent à disposition du personnel pour les plus petites. On note une première avancée avec la réouverture d’un centre médico-psychologique à Saint-Barthélemy avec deux infirmières qui se relaient et un psychiatre présent une fois par semaine. De la même manière, un travail va être initié avec la clinique Wataki. Sur ce sujet, pour ceux qui se poseraient la question, le Dr Huidi Tchero a bien été réintégré à l’hôpital mais a opéré… un virage, en s’occupant de l’organisation de l’ambulatoire et en quittant la présidence du Réseau de Rééducation et de Cicatrisation (R2C). 

Ann Bouard