Parole de femmes : le cancer du sein
À l’occasion d’Octobre Rose, Le 97150 donne la parole aux femmes qui ont fait face au cancer du sein, sont encore dans la lutte ou ont retrouvé leur vie d’avant. Leurs témoignages sont importants, ils rappellent l’importance du dépistage, mais aussi que chaque femme est différente… Certaines luttent seules, d’autres veulent partager cet accident de la vie ou les épreuves qu’elles traversent. Toutes délivrent un message d’espoir.
Pour ce second rendez-vous, Stéphanie Brouwers a choisi de parler de sa récidive, 18 ans plus tard, et de son parcours un peu atypique conjuguant médecine et approche mentale bien à elle.
Enseignante en classe SEGPA à Quartier d’Orléans au moment de l’annonce de la maladie, elle reprend sa vie après une parenthèse, avec de nouveaux projets. La musique avec une chanson qui sera une célébration de la femme, un spectacle musical, un documentaire avec des jeunes, un projet de village Octobre rose, un roman… Sa doctrine ? Ne pas avoir peur de la mort, mais célébrer la vie !
Comment avez-vous découvert votre cancer ?
J’avais 29 ans et j’étais une jeune maman d’un enfant de 18 mois. Je l’ai senti à la palpation. Je n’avais pas d’antécédents familiaux et je n’étais pas porteuse du gène, mais le verdict est tombé le 1er octobre 2007, un cancer de stade 4. Opération, chimio, radiothérapie pendant plus d’un an… Cinq ans plus tard, on m’annonçait ma rémission. Forcément j’ai eu un suivi chaque année, mais en septembre 2025, l’IRM a révélé un nouveau cancer de grade 3 et hormonodépendant. 18 ans plus tard, presque jour pour jour.
Quelle est votre situation aujourd’hui ?
Après 18 cures de chimiothérapie, de fin novembre à fin mars, j’étais en réponse complète, en clair après l’opération il n’y avait plus de cancer. J’ai donc pu bénéficier, d’une reconstruction mammaire par prothèse, en mai. Je suis de retour à Saint-Martin depuis juillet, mais j’ai encore un traitement avec une thérapie ciblée pendant six mois. Au printemps prochain, j’espère pouvoir faire le tatouage et enlever la CIP (chambre à cathéter implantable).
Comment avez-vous adapté votre quotidien, votre activité professionnelle ?
Pour le premier, j’avais la chance d’avoir ma famille et je vivais pour élever mon enfant et le voir grandir. Je suis passée en quelque sorte au-dessus de la maladie. Pour celui-là, j’ai vraiment été accompagnée par mon conjoint et portée par tous les messages que j’ai reçus. Je me suis souvenue de la phrase d’un de mes élèves qui m’a dit « ne te fais pas voler ta lumière, reviens avec ». J’ai senti cette force qui me reliait à Saint-Martin. Je suis partie avec des feuilles de corossol, que j’ai utilisées en tisane, en application… à mon retour en juillet je suis allée remercier le corossol. Aujourd’hui, je suis en attente de poste, peut-être différent, à l’Éducation nationale.
Pourquoi avoir choisi d’en parler ?
Si cela peut aider, mentalement, certaines femmes, je veux tout simplement leur communiquer de la force et leur donner de l’espoir.
Quel est votre rapport à la maladie ?
On traverse à chaque fois les mêmes étapes, la tristesse, la peur, la colère et enfin l’injustice. Après, on accepte, on arrive à entrer dans un état de gratitude. On voit alors la vie différemment, car cela nous remet dans l’essentiel et l’on vit alors des moments forts. Cela demande beaucoup de mental, car forcément on fait beaucoup d’introspection, mais au final cela ouvre des perspectives…
Propos recueillis par Ann Bouard