L’hôpital Louis-Constant Fleming à nouveau privé de direction
Nommé le 20 novembre dernier à la tête du centre hospitalier Louis-Constant Fleming, Sébastien Galleyn pourrait ne rester en fonction que quelques mois. Le conseil de discipline du Centre national de gestion de la fonction publique hospitalière a rendu un avis de révocation à son encontre, la sanction la plus lourde prévue pour un fonctionnaire d’État.
L’affaire trouve son origine dans un commentaire publié sur un réseau social et exhumé par le militant écologiste Cory Le Guen. Le texte, signé « Sébastien Galleyn, directeur du centre hospitalier Louis-Constant Fleming », constituait une réponse à un autre internaute. On pouvait y lire :
« Ce n’est pas l’immigration qui pose problème. En France, il existe une pluralité d’immigrants dont beaucoup ne posent pas de problèmes : européens, américains du nord ou du sud, anglais, asiatique et j’en passe. L’immigration qui pose problème est celle venue d’Afrique, d’Afrique du Nord et en général des pays musulmans. » Des propos jugés inacceptables par toutes les institutions ; le Président de la Collectivité avait lors du conseil territorial de décembre indiqué souhaiter le départ du directeur. Depuis, la situation semblait s’être apaisée, mais la justice a suivi son cours.
Un avis de révocation aux lourdes conséquences
L’Agence régionale de santé (ARS) avait effectué un signalement au procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, disposition qui oblige toute autorité publique à informer la justice lorsqu’elle estime que des faits pourraient constituer une infraction. Elle avait par ailleurs transmis l’ensemble des éléments au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG). La directrice du CNG avait alors jugé que ces propos traduisaient un manquement au devoir de réserve ainsi qu’aux obligations de dignité, d’impartialité et de probité, requis de la part d’un fonctionnaire de l’État. Une procédure disciplinaire avait donc été ouverte dans la foulée et l’institution avait convoqué Sébastien Galleyn devant le conseil de discipline. Ses 14 membres, réunis le 17 février dernier, ont rendu un avis de révocation. La décision n’a pas été unanime, mais majoritaire.
Si le CNG suit cet avis – ce qui est vraisemblable en toute logique – cela entraînera pour Sébastien Galleyn la perte de son statut de fonctionnaire d’État et, de fait, la perte de son revenu.
Le directeur, dans un premier temps en congés, est depuis en arrêt maladie, et ce jusqu’au 18 mars prochain. Or, tout employeur, qu’il soit public ou privé, ne peut se séparer d’un salarié durant un arrêt maladie. Celui-ci peut par ailleurs être renouvelé… et l’on se rappelle du précédent avec l’ancienne directrice.
Nouvelle période d’intérim
Dans l’intervalle, le centre hospitalier se retrouve donc sans réelle direction. L’intérim sera assuré par l’actuel directeur financier, qui n’a jusqu’alors jamais dirigé un hôpital. Une solution qui de plus est transitoire, car ce dernier doit partir à la retraite début mai.
Une situation qui va mettre à nouveau l’hôpital en difficulté. Cette absence de direction intervient alors que nombre de dossiers demeurent non traités… des plus simples, comme l’absence de parking pour le personnel, les cafards dans la cuisine, aux plus complexes notamment les plans de formation, les évolutions de carrière ou les embauches de personnel ; sans direction, pas d’avancées.
Le personnel soignant, engagé par vocation, fatigue. Les heures supplémentaires s’accumulent pour certains, et ils ne voient pas d’évolution possible.
Du côté de l’ARS, peu de décisions non plus, car Laurent Legendart a quitté ses fonctions mi-janvier pour rejoindre le cabinet de la ministre des Outre-mer. Son successeur, Philippe Luccioni-Michaux, ne prendra la direction de l’ARS Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin qu’à compter du 9 mars prochain.