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L’illettrisme, un handicap souvent caché

Par Ann Bouard
18 Septembre 2025

Dans le cadre des Journées nationales d’action contre l’illettrisme, une journée de sensibilisation était organisée mercredi à l’antenne de Quartier d’Orléans du centre de formation JIELLE. L’objectif était d’amener les personnes en difficulté avec les savoirs de base, mais aussi touchées par l’illectronisme à faire le pas pour sortir de leur situation.

Le Préfet, la 3e vice-présidente de la Collectivité, le vice-recteur, le directeur de l’agence locale de France Travail et les équipes de l’État et de la Collectivité se sont rendus sur place, pour prendre la mesure du phénomène sur le territoire et envisager de premières solutions pour y remédier.
En France, l’illettrisme touche 10,5% de la population adulte âgée de 18 à 64 ans. A Saint-Martin, en raison du multilinguisme, bien que non connus, les chiffres sont certainement bien plus élevés que dans l’hexagone. 

Adapter les solutions aux spécificités

Même s’il y a encore des synergies à développer, il faudrait dans un premier temps faire connaître les outils existants, pour que chacun puisse se les approprier, car ils fonctionnent. Mais, au-delà de ces outils ou des astuces que les personnes mettent en place pour malgré tout vivre normalement, il faudrait envisager un produit spécifique à Saint-Martin qui tienne compte du multilinguisme, frein important à l’apprentissage. Mais comme l’a indiqué le Préfet, ce n’est pas nécessairement à l’État ou à la Collectivité de trouver les solutions. Le simple fait de mutualiser la réflexion de tous les acteurs, dont les centres de formations, pourrait permettre de faire évoluer les choses.  France Travail œuvre déjà dans ce sens, avec plusieurs accompagnements collectifs ou individualisés et l’Éducation Nationale met cette année en place une expérimentation à Quartier d’Orléans, qui passe par une adaptation des méthodes usuelles. Mais, au-delà, il ressort de ces échanges que c’est une approche globale avec une vision du parcours de chaque personne qui doit être envisagée pour atteindre l’objectif fixé, notamment dans le cadre d’une insertion professionnelle. Quant au cadre de mise en application, le Préfet s’est dit prêt à envisager certaines dérogations pour faire accélérer les choses, dont certaines sont prévues dans le contrat de plan territorial.  

« Apprendre, c’est reprendre le pouvoir »

À l’issue de ces rencontres, quatre personnes qui ont fait la démarche d’apprendre, à l’âge adulte, la langue française par le biais de Jielle Formation, ont reçu, non sans une certaine fierté, leur certificat des mains du Préfet et du vice-recteur. 
Une preuve de détermination, mais aussi de courage, car avouer ne pas savoir lire ou écrire, n’est pas aisé. Sentiment de honte, d’exclusion, il y a mille et une raisons de ne pas le dire… mais aussi mille autres de franchir le pas pour avoir la fierté d’effectuer seul, les actes de la vie quotidienne, les courses au supermarché, suivre la scolarité de ses enfants, ou s’inscrire dans un projet professionnel, etc.

Le RSMA s’engage contre l’illettrisme

Dans le cadre de la Semaine nationale de lutte contre l’illettrisme, le RSMA Guadeloupe mettait également en place plusieurs initiatives concrètes pour les jeunes, de Guadeloupe ou de Saint-Martin, dont le  projet « Raconter le Ka » qui lie apprentissage et culture en créant un abécédaire autour de cet instrument emblématique. Le 25 septembre, une autre étape importante viendra enrichir ce programme : l’action « Évaluer pour évoluer », organisée dans le cadre de la Journée mondiale du refus de l’échec scolaire. Labellisée RSMA, elle permettra de présenter les évaluations diagnostiques d’entrée mises en place au régiment, outils indispensables pour mieux accompagner chaque jeune volontaire et lui offrir un parcours adapté à ses besoins. Le RSMA-G s’appuie sur une cellule dédiée à l’acquisition des savoirs de base, composée de militaires formés à la lutte contre l’illettrisme et de professeurs détachés de l’Académie de Guadeloupe, afin de lever les freins à l’insertion.

Ann Bouard