Saint-Martin, gardienne de mémoire
La Old House de Quartier d’Orléans a accueilli, jeudi 28 mai, la commémoration du 178e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Saint-Martin. Élus, représentants du monde économique, social, culturel et associatif étaient réunis pour honorer la mémoire de celles et ceux qui ont souffert de l’esclavage.
C’est au son de la conque de lambi, jouée par Latisha Stephen, co-fondatrice de l’association Soualiwomen Kultural Association, que la cérémonie a débuté sur le site historique de la Old House, devant les vestiges de l’ancien moulin à sucre. Un lieu qui n’a pas été choisi par hasard : ces pierres portent en elles la mémoire de ceux qui ont vécu la privation de liberté. 178 ans après l’abolition de l’esclavage, la Collectivité, en présence de la Préfecture, a choisi ce lieu chargé d’histoire pour rappeler que cette date reste une étape majeure, mais aussi une invitation à demeurer collectivement mobilisés pour les droits humains et les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, dans un monde encore en proie aux formes de servitude. Les élus du conseil territorial des jeunes ont ouvert la cérémonie avec des dialogues rappelant le sens du devoir de mémoire, avant qu’Amira Ottley ne chante a cappella l’hymne O Sweet St Martin’s Land, tandis que la Marseillaise était ensuite interprétée au steel pan. Le président Louis Mussington et le préfet Cyrille Le Vély ont ensuite pris la parole pour rappeler, avec gravité, ce que l’histoire de l’esclavage impose comme responsabilité collective. La cérémonie s’est achevée par un moment de recueillement.
La Old House, scène et mémoire
Après le recueillement, place à la culture. La présidente de la commission culture, Valérie Damaseau, a ouvert ce volet en évoquant les grandes figures du quartier d’Orléans et l’histoire de ce lieu emblématique. La voix d’Audrey Claxton, portée par la chorégraphie de la Company Ö and Co, a ensuite donné corps à la mémoire. Se sont succédé les poèmes de Jocelyne Arnell et Saby Soualiga, les chants des élèves de l’école Charlotte Brookson, de Vocal Lab de Natisha Hanson et de Pianissimo, avant que la troupe Grain d’or ne clôture la cérémonie en danse.
Tout au long de la journée, l’association Soualiwomen Kultural Association, en habits traditionnels, préparait des Journey Cakes au feu de bois : un geste ancré dans le temps, pour que la mémoire reste vivante.