Accéder au contenu principal

Haïti : 800 militaires tchadiens déployés pour lutter contre les gangs

Par Ann Bouard
27 Mars 2026

Selon un rapport publié le 24‭ ‬mars par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme‭, ‬au moins 5‭ ‬519‭ ‬personnes ont été tuées et 2‭ ‬608‭ ‬blessées entre le 1er mars 2025‭ ‬et le 15‭ ‬janvier 2026‭ ‬en Haïti‭. ‬La capitale Port-au-Prince et une grande partie du pays restent sous le contrôle des gangs‭, ‬dont l’influence s’est accentuée depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021‭.‬

La majorité des victimes sont liées aux opérations menées contre les gangs par les forces de sécurité, mais aussi des groupes d’autodéfense et des sociétés militaires privées, certaines utilisant drones et tirs aériens. L’ONU évoque des violences pouvant être qualifiées d’« assassinats ciblés ».
Pour soutenir la lutte contre les gangs, le Tchad va déployer environ 800 militaires, formés au préalable aux combats urbains. Un premier contingent de 50 soldats du génie (électriciens, plombiers, menuisiers) partira dans les jours à venir pour préparer l’installation d’une base. Fin avril, 350 soldats supplémentaires seront envoyés, le reste du contingent devant arriver courant juin.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la Force de répression des gangs (FRG), mission multinationale autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies fin 2025. La FRG doit mener des actions offensives directes contre les groupes armés qui contrôlent la quasi-totalité de Port-au-Prince. La durée de la mission est prévue pour un an, tandis que la présence tchadienne exacte dépendra du calendrier de déploiement et des besoins opérationnels.
Ce contingent remplacera peu à peu les 1 000 militaires kenyans déployés en 2024. Durant leur présence, les gangs n’ont rien cédé sur le terrain. Les uniformes changent mais l’incertitude quant au destin du pays persiste.

Ann Bouard